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Hermès, silhouettes singulières

9 mars 2018

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Nadège Vanhee-Cybulski, la directrice artistique d’Hermès, a choisi de faire défiler sa collection automne hiver 2018-19 dans un jardin d’hiver aux teintes fauvettes. Les invités étaient conviés à regarder des femmes qui passent sous ces demi-verrières, 54 femmes pour être précise, toutes différentes, toutes habitées d’une histoire, leur histoire. On est à la frontière de la mode et de la vie. Une vie rêvée. – Isabelle Cerboneschi.

Des serveurs portant plateau offrent des grogs, des thés, des soupes, pour réchauffer les invités en cette fin d’après-midi hivernale. L’air parisien est froid et sec, mais la lumière est si belle dans le jardin du lycée Victor Duruy. Une allée rouge, en contrepoint du gazon vert, mène vers un labyrinthe de demi-verrières. Des chants d’oiseaux en fond sonore. On a le sentiment d’être entré dans un monde parallèle qui aurait toutes les apparences du réel. Ou un tableau de Maurice de Vlaminck. Une soirée fauve.

C’est ce lieu à mi-chemin entre le dehors et le dedans, que Nadège Vanhee-Cybulski a choisi pour montrer la collection Hermès automne-hiver 2019-18. Un défilé en forme de passeggiata: il y a celles qui passent, 54 femmes toutes habitées d’une histoire différente, et ceux qui regardent passer – les invités. La collection fait la part belle au cuir, le métier par excellence d’Hermès. Surgissent ça et là quelques détails qui font partie du vocabulaire stylistique de la maison: le clou Médor, que l’on retrouve à la ceinture des pantalons, ou sur une veste canadienne, par exemple. Les manteaux se portent en bandoulière, le noir se mêle au bleu nuit, au rouge, au rose corail. Une ode à la différence.

I.C : En regardant le défilé j’ai eu l’impression de voir des couleurs empruntés aux tableaux de Nicolas de Staël.
Nadège Vanhee-Cybulski: Ce n’était pas mon intention. En revanche il y a des couleurs récurrentes: le vert andalousite de l’été 2016, le bleu noir de ma première saison, que j’avais envie de réutiliser. J’ai aussi souhaité laisser la place à l’expérimentation: mélanger ces teintes à d’autres couleurs, notamment ce rose de couturier, un clin d’oeil.

On retrouve sur les vêtements quelques éléments typiquement Hermès, qui sont réservés d’habitude aux accessoires. 
Oui. J’ai eu envie de jouer avec le langage vernaculaire d’Hermès, avec tous ces fermoirs typiques, ces clous Médor que l’on retrouve sur les ceintures des pantalons, sur les canadiennes…

En parlant de canadienne, les manteaux se portent en bandoulière: c’est un nouvel accessoire?
Ce n’est pas un accessoire, cela reste un vêtement, mais vous pouvez le porter de manière très  souple. Cela m’arrive souvent d’arriver dans un endroit, vêtue de toutes ces couches superposées, et je ne sais pas toujours où poser mon manteau. Je me suis dit que si on lui ajoutait deux petits anneaux, on pourrait l’accrocher à une sangle que l’on porterait en bandoulière.

Cette collection met le cuir en majesté.
Nous avons travaillé le cuir de manière très fluide, très légère. Nous l’avons sorti de son contexte: nous ne l’avons pas utilisé pour créer un vêtement d’extérieur mais nous l’avons transformé en robes très souples, en pantalons traités comme des pantalons de flanelle, mais en cuir.

Toutes ces silhouettes, ce sont des femmes en partance?
La collection s’inspire un peu des grands espaces, comme on en retrouve en Mongolie, mais je n’ai pas voulu l’inscrire dans une topologie spécifique. Je ne souhaitais pas enfermer et définir des personnages: pour moi il s’agit de 54 femmes qui passent, et chacune porte en elle sa propre histoire.

La collection fait la part belle au cuir, le métier par excellence de la maison Hermès. Les manteaux se portent en bandoulière, le noir se mêle au bleu nuit, au rouge, au rose corail. Une ode à la différence.

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