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Alexis Mabille explore les possibles de la haute couture

9 août 2018

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La dernière collection haute couture automne-hiver 2018/19 d’Alexis Mabille était éclectique, émaillée de smokings et de robes à capuches, parce que la haute couture ne signifie pas uniquement grand soir et broderies. La haute, c’est une attitude. Rencontre après le défilé. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Avec ses collections haute couture, Alexis Mabille raconte en général une histoire: le grand soir poussé à son paroxysme, une collection dédiée à ses amies, le nœud décliné à l’envi, etc. Mais pas cette saison. C’est la diversité des femmes, et de leurs diverses façons de s’habiller en haute couture qui fut le moteur de sa collection automne-hiver. Un éclectisme appuyé par une palette de couleurs qui semblaient échappées d’un tableau de Monet. Ou d’une chanson de Trenet…

“Le coeur de Paris, c’est une fleur,
Une fleur d’amour si jolie
Que l’on garde dans son coeur,
Que l’on aime pour la vie.”

– Charles Trenet

IC: Quelle histoire vouliez-vous raconter avec cette collection?
Alexis Mabille: C’est plus un mood qu’une histoire. En en-tête de la note d’intention du défilé, j’ai utilisé un extrait d’une chanson de Charles Trenet qui parle de Paris. Je me suis inspiré des couleurs, des fleurs que l’on trouve dans la ville, des humeurs de mes amies parisiennes, et de tout ce que j’aime dans Paris. Petit à petit, la collection s’est créée comme une aquarelle, autour d’une palette de couleurs inspirées de celles que l’on retrouve dans un bouquet: bleu lavande, rose, émeraude, vert d’eau, des dégradés de jaune, de gris aussi, et pour finir par une robe blanche.

Il y avait aussi des smokings, dans votre collection.
J’avais envie de montrer différentes femmes: la fille un peu boyish, la romantique, l’hyper féminine. Et pour exprimer toutes ces personnalités, j’ai utilisé différentes silhouettes, certaines très fines, très longues, d’autres beaucoup plus volumétriques.

On a vu passer aussi des robes à capuche, mi-sportswear, mi-robes du soir. Est-ce pour attirer une nouvelle génération vers la haute couture?
Nous avons déjà de jeunes clientes. Depuis mes débuts j’adore mixer le sportswear, les pièces empruntées au vestiaire masculin et le grand soir. Je voulais montrer qu’une robe longue peut être hyper moderne.

Cette saison vous avez fait preuve d’une plus grande diversité dans le choix des mannequins qui étaient toutes d’origines différentes.
C’était un casting magnifique. Elles viennent d’un peu partout et chaque fille possède une personnalité très affirmée: elles savent ce qu’elles veulent. Je les ai choisies pour cela. J’aime tout particulièrement ce mannequin black, qui a une attitude tellement snob, avec un port de tête et des jambes magnifiques. J’avais envie qu’elles puissent exprimer qui elles sont sur le podium.

On a beaucoup entendu parler du mot « élégance » cette semaine, un mot qui semblait avoir disparu du vocabulaire pendant la fashion week. Est-ce une manière de redéfinir les contours de la haute couture?
J’adore travailler autour de l’élégance, créer des formes autour du corps de mes clientes. Nous construisons une relation très particulière avec les femmes qui s’habillent en haute couture. Le but de tout cela, c’est essentiellement de les rendre belles. Quand je les vois, j’ai envie de les aimer.