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L’hiver 2019 Y/Project, une élégance plus grande que nature

Paris Fashion Week. Glenn Martens a présenté l’automne-hiver 2019-20 de la marque Y/Project à la Maison de la Chimie, une collection dans laquelle il a mis en lumière l’élégance maximaliste et atemporelle qui est la sienne. – Lily Templeton, Paris.

18 mars 2019

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« Nous n’avons jamais été une marque streetwear, » lance-t-il dans un grand éclat de rire en backstage, tandis que les invités se pressent en nombre pour le féliciter. « Nous voulions montrer des vêtements, pas être pris dans une hype. » C’est une petite phrase, lancée l’air de rien, mais qui donne le ton du travail que le créateur belge et sa petite équipe de 8 personnes ont accompli de saison en saison.

Pendant longtemps, Y/Project a été rangé dans cette case fourre-tout du streetwear, observé et apprécié notamment pour le denim manié et surtout remanié comme personne. Vu de l’extérieur, plus qu’une nouvelle saison, l’hiver dessiné par Glenn Martens ressemble à une page tournée dans son écriture créative, dans laquelle il continue l’expérimentation mais sur un substrat différent. Il s’attaque à la définition de l’élégance féminine, étendant le territoire ouvert déjà la saison dernière, notamment avec ces opulentes et vastes tenues qui mettent la femme en lumière.

Et pourtant son exigence a toujours été là, dans des coupes acérées, dans cette recherche d’une sophistication faisant feu de tout bois, époque ou tout tissu aussi humble ou noble soit-il. Ce serait

donc l’élégance féminine, l’objet de cette collection automne/hiver 19 où se retrouvent mises sur un pied d’égalité un grand manteau masculin, un pantalon-short trompe-l’œil et ces grandes robes du soir, aux formes Renaissance sous stéroïdes.

La saison dernière, Glenn Martens jouait déjà avec les codes du chic, cette notion évanescente et sans cesse en mouvement qu’on aime jeter en l’air comme un confetti d’approbation. Plus tôt dans l’année, au Pitti, il donnait au spectateur de défilé la responsabilité à la fois de faire la lumière sur sa saison masculine mais aussi celle d’observer, de deviner des détails dans une pénombre pointillée de chandelles.

Au final, ce qui fait la force de son travail n’est pas la technique, pourtant excellente, mais la capacité qu’a cette équipe encore nucléaire d’une demi-douzaine de personnes à s’approprier des classiques et à les réinventer en les dépouillant de leur ancrage temporel. De quoi l’ancrer, et pour longtemps, dans le seul temps qui compte pour la mode: l’instant présent.

L’hiver 2019 Y/Project, une élégance plus grande que nature

18 mars 2019

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Paris Fashion Week. Glenn Martens a présenté l’automne-hiver 2019-20 de la marque Y/Project à la Maison de la Chimie, une collection dans laquelle il a mis en lumière l’élégance maximaliste et atemporelle qui est la sienne. – Lily Templeton, Paris.

« Nous n’avons jamais été une marque streetwear, » lance-t-il dans un grand éclat de rire en backstage, tandis que les invités se pressent en nombre pour le féliciter. « Nous voulions montrer des vêtements, pas être pris dans une hype. » C’est une petite phrase, lancée l’air de rien, mais qui donne le ton du travail que le créateur belge et sa petite équipe de 8 personnes ont accompli de saison en saison.

Pendant longtemps, Y/Project a été rangé dans cette case fourre-tout du streetwear, observé et apprécié notamment pour le denim manié et surtout remanié comme personne. Vu de l’extérieur, plus qu’une nouvelle saison, l’hiver dessiné par Glenn Martens ressemble à une page tournée dans son écriture créative, dans laquelle il continue l’expérimentation mais sur un substrat différent. Il s’attaque à la définition de l’élégance féminine, étendant le territoire ouvert déjà la saison dernière, notamment avec ces opulentes et vastes tenues qui mettent la femme en lumière.

Et pourtant son exigence a toujours été là, dans des coupes acérées, dans cette recherche d’une sophistication faisant feu de tout bois, époque ou tout tissu aussi humble ou noble soit-il. Ce serait donc l’élégance féminine, l’objet de cette collection automne/hiver 19 où se retrouvent mises sur un pied d’égalité un grand manteau masculin, un pantalon-short trompe-l’œil et ces grandes robes du soir, aux formes Renaissance sous stéroïdes.

La saison dernière, Glenn Martens jouait déjà avec les codes du chic, cette notion évanescente et sans cesse en mouvement qu’on aime jeter en l’air comme un confetti d’approbation. Plus tôt dans l’année, au Pitti, il donnait au spectateur de défilé la responsabilité à la fois de faire la lumière sur sa saison masculine mais aussi celle d’observer, de deviner des détails dans une pénombre pointillée de chandelles.

Au final, ce qui fait la force de son travail n’est pas la technique, pourtant excellente, mais la capacité qu’a cette équipe encore nucléaire d’une demi-douzaine de personnes à s’approprier des classiques et à les réinventer en les dépouillant de leur ancrage temporel. De quoi l’ancrer, et pour longtemps, dans le seul temps qui compte pour la mode: l’instant présent.