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Le diamant bleu de Shirley Temple en vente à Genève

Le joaillier new yorkais Windsor Jewelers a choisi de présenter le fameux diamant Shirley Temple Blue Bird, qui a appartenu à l’enfant star, à l’occasion du salon GemGenève qui se tient à Genève du 9 au 11 mai. Ce diamant rarissime de couleur deep blue, a été légèrement retaillé afin de lui donner plus de profondeur et de valeur. Une pièce de collection inestimable. – Isabelle Cerboneschi.

7 mai 2019

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Shirley Temple Blue Bird diamond. @ Windsor Jewelers.

Lorsque l’on est prêt à dépenser plusieurs dizaines de millions dans l’achat d’un diamant, cela peut se jouer sur un coup de cœur, mais pas seulement. La pierre doit répondre avant tout aux quatre critères d’évaluation primordiaux : la taille, la poids, la pureté et la couleur de la pierre. Son origine et son histoire jouent aussi un rôle dans l’estimation de sa valeur. Or le diamant Blue Bird coche toutes ces cases.

Ce n’est ni sa taille coussin, ni son poids – 9,30 carats – qui lui confère son unicité, mais sa couleur et sa pureté: le Blue Bird est un diamant « Deep Blue flawless ». Sa couleur intense et sa pureté sont rarissimes.  « Seuls 0,02% des diamants du monde entier sont bleus et 5% de ces diamants bleus ont cette teinte profonde Deep Blue. Cela signifie que, parmi tous les diamants du monde, seulement 0.00001% ont cette teinte « Deep Blue », explique Logan Gough, de Windsor Jewelers.

Une teinte comme celle-ci est le résultat d’un tour de magie de Dame Nature. L’ensemble des circonstances nécessaires à la création d’un diamant bleu sont uniques.  « Pour qu’un diamant Deep Blue naturel puisse être créé, il faut des conditions géologiques extrêmement rares : un degré élevé de boron et un taux de nitrogène très bas. La pierre qui a appartenu à Shirley Temple étant « flawless », sa couleur ne provient que des conditions géologiques qui ont conduit à son existence et la manière dont le diamant absorbe la lumière », poursuit Logan Gough.

Ce diamant bleu pesait exactement 9,54 carats et possédait de minuscules inclusions (VVS), lorsqu’en décembre 1940, George Temple l’a offert à sa fille, serti dans une bague de style art déco, pour célébrer la première du film Blue Bird. Shirley Temple avait alors douze ans. Elle l’a porté et chéri jusqu’à sa disparition, le 10 février 2014. En 2016, la succession a mis la pierre en vente chez Sotheby’s pour un prix estimé entre 25 et 35 millions, mais elle n’a pas trouvé preneur.

Le joaillier new yorkais Windsor Jewelers, qui avait perçu tout le potentiel de ce diamant, s’est porté acquéreur auprès de la famille. « Nous voulions l’acheter à la fois pour son histoire et aussi parce que nous pensions que nous pourrions en améliorer la couleur », explique Avi Fattal, le directeur de Windsor Jewelers.

L’histoire de cette pierre rarissime relève du mythe américain. La star-enfant adorée de l’Amérique fut précoce: à trois ans elle entrait à la Meglin’s Dance School de Los Angeles et un an plus tard, elle débutait une carrière d’actrice. En 1934 elle fut engagée par la Fox Film Corporation (qui deviendra la Twentieth Century-Fox Film Corporation). Shirley Temple n’avait qu’une vingtaine d’année lorsqu’elle mit fin à sa carrière. La deuxième partie de sa vie fut familiale et politique: en 1969 Richard Nixon l’a nommée déléguée des États-Unis aux Nations unies. De 1974 à 1976, elle fut l’ambassadrice des États-Unis au Ghana, puis en Tchécoslovaquie de 1989 à 1992. Elle a disparu à l’âge de 85 ans.

« Aux Etats-Unis, Shirley Temple était une icône, souligne Avi Fattal. Elle incarnait quelque chose de charmant et de positif à une époque où le pays traversait des moments difficiles. Elle apportait son sourire, sa lumière. Son nom ne représente plus la même chose aujourd’hui en comparaison à l’époque où elle était l’enfant chérie de l’Amérique,

mais chaque fois que l’on a à faire à un diamant important, connaître son histoire, sa provenance, augmente l’intérêt des acheteurs potentiels. Pour un collectionneur qui souhaiterait quelque chose d’unique, de spécial, acquérir ce diamant c’est s’offrir une parcelle de l’histoire de celle qui a apporté tant de bonheur à un pays. »

Le Blue Bird a été mis en vente par le fils de Shirley Temple, Charles Alden Black Jr au nom de la succession. « C’était surprenant de voir combien la famille était enthousiaste à l’idée que l’on évoque la provenance de la pierre : en général, lors d’une telle vente, les proches sont assez discrets et cela se comprend », explique Avi Fattal. « Charles Black souhaitait que l’on sache que sa mère portait ce diamant lors de chaque évènement d’importance, souligne Paul Lubetsky, le fondateur de Windsor Jewelers. C’était son bijou préféré, d’autant plus que sa couleur favorite était le bleu. Elle le portait quand elle a été nommée ambassadrice des Etats-Unis, et aussi lorsqu’elle a reçu l’Academy Award. » Ce serait un acteur de cinéma, un ami de la famille, qui croyait dans la valeur mystique des pierres, et dans leur valeur d’investissement, qui aurait donné à Shirley Temple le goût des diamants et qui a peut-être soufflé l’idée à son père de lui offrir le Blue Bird.

« C’est le plus beau diamant bleu que j’ai jamais vu, affirme Avi Fattal. Et quand j’ai découvert la pierre, je ne connaissais pas encore l’histoire dont elle était porteuse. Sa couleur est unique, très saturée. En général, avec les diamants de couleur, les joailliers essaient de rehausser leur teinte grâce à la monture ou d’autres manières. Les diamants dont la couleur est profonde sont les plus rares ».

Lorsque les joailliers new yorkais ont acquis le Blue Bird, ils ont pris le risque de le retailler légèrement: la pierre a perdu un peu de poids dans l’opération – elle fait désormais 9,30 carats- mais elle a gagné en pureté. C’est un diamant flawless qui sera présenté lors du salon GemGenève. « Ce fut une décision difficile à prendre car le risque est grand et d’autant plus sur un diamant de cette ampleur : tout peut arriver quand on polit un diamant, souligne Avi Fattal. On peut tout perdre. La décision n’a pas été prise à la légère : nous avons consulté l’Institut américain de gemmologie (GIA), certains des plus grands gemmologues et  maîtres tailleurs. La couleur d’un diamant bleu peut changer même si des modifications mineures sont apportées au facettage car cela modifie la manière dont la lumière pénètre dans la pierre et est réfléchie. Mais nous étions enchanté du résultat car la couleur a été intensifiée ainsi que sa pureté ».

On ne connaît pas exactement l’origine de ce diamant, mais il pourrait fort bien provenir des mines de Golconde, comme les deux autres diamants bleus les plus connus, le Hope et le Wittelsbach-Graff. « En effet, il présente les mêmes reactions de phosphorescence que ces deux autres diamants bleus qui ont été extraits des mines de Golconde », explique Avi Fattal.

En octobre 2016, le GIA décrivait ainsi le Shirley Temple Blue Bird : « Les diamants bleus profonds sont très rares, spécialement les pièces au dessus de 5 carats. Quand la qualité de la couleur est combinée à l’élégance de la taille coussin, l’expérience visuelle est vraiment unique. » A voir absolument.

GemGenève, Palexpo Halle 7 (entrée Halle 5), du 9 au 12 mai 2019.

Le diamant bleu de Shirley Temple en vente à Genève

7 mai 2019

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Le joaillier new yorkais Windsor Jewelers a choisi de présenter le fameux diamant Shirley Temple Blue Bird, qui a appartenu à l’enfant star, à l’occasion du salon GemGenève qui se tient à Genève du 9 au 11 mai. Ce diamant rarissime de couleur deep blue, a été légèrement retaillé afin de lui donner plus de profondeur et de valeur. Une pièce de collection inestimable. – Isabelle Cerboneschi.

Lorsque l’on est prêt à dépenser plusieurs dizaines de millions dans l’achat d’un diamant, cela peut se jouer sur un coup de cœur, mais pas seulement. La pierre doit répondre avant tout aux quatre critères d’évaluation primordiaux : la taille, la poids, la pureté et la couleur de la pierre. Son origine et son histoire jouent aussi un rôle dans l’estimation de sa valeur. Or le diamant Blue Bird coche toutes ces cases.

Ce n’est ni sa taille coussin, ni son poids – 9,30 carats – qui lui confère son unicité, mais sa couleur et sa pureté: le Blue Bird est un diamant « Deep Blue flawless ». Sa couleur intense et sa pureté sont rarissimes.  « Seuls 0,02% des diamants du monde entier sont bleus et 5% de ces diamants bleus ont cette teinte profonde Deep Blue. Cela signifie que, parmi tous les diamants du monde, seulement 0.00001% ont cette teinte « Deep Blue », explique Logan Gough, de Windsor Jewelers.

Une teinte comme celle-ci est le résultat d’un tour de magie de Dame Nature. L’ensemble des circonstances nécessaires à la création d’un diamant bleu sont uniques.  « Pour qu’un diamant Deep Blue naturel puisse être créé, il faut des conditions géologiques extrêmement rares: un degré élevé de boron et un taux de nitrogène très bas. La pierre qui a appartenu à Shirley Temple étant « flawless », sa couleur ne provient que des conditions géologiques qui ont conduit à son existence et la manière dont le diamant absorbe la lumière », poursuit Logan Gough.

Ce diamant bleu pesait exactement 9,54 carats et possédait de minuscules inclusions (VVS), lorsqu’en décembre 1940, George Temple l’a offert à sa fille, serti dans une bague de style art déco, pour célébrer la première du film Blue Bird. Shirley Temple avait alors douze ans. Elle l’a porté et chéri jusqu’à sa disparition, le 10 février 2014. En 2016, la succession a mis la pierre en vente chez Sotheby’s pour un prix estimé entre 25 et 35 millions, mais elle n’a pas été vendue.

Le joaillier new yorkais Windsor Jewelers, qui avait perçu tout le potentiel de ce diamant, s’est porté acquéreur auprès de la famille. « Nous voulions l’acheter à la fois pour son histoire et aussi parce que nous pensions que nous pourrions en améliorer la couleur », explique Avi Fattal, le directeur de Windsor Jewelers.

L’histoire de cette pierre rarissime relève du mythe américain. La star-enfant adorée de l’Amérique fut précoce: à trois ans elle entrait à la Meglin’s Dance School de Los Angeles et un an plus tard, elle débutait une carrière d’actrice. En 1934 elle fut engagée par la Fox Film Corporation (qui deviendra la Twentieth Century-Fox Film Corporation). Shirley Temple n’avait qu’une vingtaine d’année lorsqu’elle mit fin à sa carrière. La deuxième partie de sa vie fut familiale et politique: en 1969 Richard Nixon l’a nommée déléguée des États-Unis aux Nations unies. De 1974 à 1976, elle fut l’ambassadrice des États-Unis au Ghana, puis en Tchécoslovaquie de 1989 à 1992. Elle a disparu à l’âge de 85 ans.

« Aux Etats-Unis, Shirley Temple était une icône, souligne Avi Fattal. Elle incarnait quelque chose de charmant et de positif à une époque où le pays traversait des moments difficiles. Elle apportait son sourire, sa lumière. Son nom ne représente plus la même chose aujourd’hui en comparaison à l’époque

où elle était l’enfant chérie de l’Amérique, mais chaque fois que l’on a à faire à un diamant important, connaître son histoire, sa provenance augmente l’intérêt des acheteurs potentiels. Pour un collectionneur qui souhaiterait quelque chose d’unique, de spécial, acquérir ce diamant c’est s’offrir une parcelle de l’histoire de celle qui a apporté tant de bonheur à un pays. »

Le Blue Bird a été mis en vente par le fils de Shirley Temple, Charles Alden Black Jr au nom de la succession. « C’était surprenant de voir combien la famille était enthousiaste à l’idée que l’on évoque la provenance de la pierre : en général, lors d’une telle vente, les proches sont assez discrets et cela se comprend », explique Avi Fattal. « Charles Black souhaitait que l’on sache que sa mère portait ce diamant lors de chaque évènement d’importance, souligne Paul Lubetsky, le fondateur de Windsor Jewelers. C’était son bijou préféré, d’autant plus que sa couleur favorite était le bleu. Elle le portait quand elle a été nommée ambassadrice des Etats-Unis, et aussi lorsqu’elle a reçu l’Academy Award ». Ce serait un acteur de cinéma, un ami de la famille, qui croyait dans la valeur mystique des pierres, et dans leur valeur d’investissement, qui aurait donné à Shirley Temple le goût des diamants et qui a peut-être soufflé l’idée à son père de lui offrir le Blue Bird.

« C’est le plus beau diamant bleu que j’ai jamais vu, poursuit le directeur, et quand j’ai vu la pierre je ne connaissais pas toute l’histoire dont elle était porteuse. Sa couleur est unique, elle possède une couleur très saturée. En général, avec les diamants de couleur, les joailliers essaient de rehausser leur teinte grâce à la monture ou d’autres manières. Les diamants dont la couleur est profonde sont les plus rares ».

Lorsque les joailliers new yorkais ont acquis le Blue Bird, ils ont pris le risque de le retailler légèrement: la pierre a perdu un peu de poids dans l’opération – elle fait désormais 9,30 carats- mais elle a gagné en pureté. C’est un diamant flawless qui sera présenté lors du salon GemGenève. « Ce fut une décision difficile à prendre car le risque est grand et d’autant plus sur un diamant de cette ampleur : tout peut arriver quand on polit un diamant, souligne Avi Fattal. On peut tout perdre. La décision n’a pas été prise à la légère : nous avons consulté l’Institut américain de gemmologie (GIA), certains des plus grands gemmologues et  maîtres tailleurs. La couleur d’un diamant bleu peut changer même si des modifications mineures sont apportées au facettage car cela modifie la manière dont la lumière pénètre dans la pierre et est réfléchie. Mais nous étions enchanté du résultat car la couleur a été intensifiée ainsi que sa pureté ».

On ne connaît pas exactement l’origine de ce diamant, mais il pourrait fort bien provenir des mines de Golconde, comme les deux autres diamants bleus les plus connus, le Hope et le Wittelsbach-Graff. « En effet, il présente les mêmes reactions de phosphorescence que ces deux autres diamants bleus qui ont été extraits des mines de Golconde », explique Avi Fattal.

En octobre 2016, le GIA décrivait ainsi le Shirley Temple Blue Bird : « Les diamants bleus profonds sont très rares, spécialement les pièces au dessus de 5 carats. Quand la qualité de la couleur est combinée à l’élégance de la taille coussin, l’expérience visuelle est vraiment unique. » A voir absolument.

GemGenève, Palexpo Halle 7 (entrée Halle 5), du 9 au 12 mai 2019.