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Les Trésors de Christian Dior

7 mai 2018

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Une soixantaine de robe de haute couture, dont certaines viennent d’être restaurées pour l’occasion, quelques effets personnels du couturier, sont exposés dans la villa Les Rhumbs, qui fut la maison d’enfance du couturier, en Normandie. Un lieu qui lui a permis de définir son style et l’architecture de ses robes. A voir au Musée Dior de Granville jusqu’au 6 janvier 2019. – Isabelle Cerboneschi.

Il est rare que la maison d’enfance d’un couturier devienne un jour le musée qui abrite ses créations. C’est le cas de la villa Les Rhumbs à Granville, en Normandie. Cachée à l’abri de son jardin, battue par les vents, posée à flanc de falaise juste au bord de la Manche, elle servit d’écrin à l’enfance de Christian Dior. Et ce jusqu’à ce son père, mis à mal par la crise de 1929, s’en sépare. Rachetée par la ville, elle est aujourd’hui le Musée Christian Dior.

Jusqu’au 6 janvier 2009, le musée accueille l’exposition Les trésors de la Collection, 30 ans d’acquisitions, soit une soixantaine de robes haute couture, des accessoires, des parfums, des photographies et autres archives, autant de témoins de la douceur des temps vécus à l’abri des murs rose et gris de la villa Les Rhumbs.

Il y a quelque chose de touchant dans la découverte de quelques effets personnels de Christian Dior, son étoile porte-bonheur, son agenda, sa montre et sa paire de ciseaux. Des images en noir et blanc laissent entrevoir l’intimité de la famille Dior, réunie dans un jardin bien plus fantasque et sauvage qu’il ne l’est aujourd’hui. Ce havre de nature avait été patiemment créé par sa mère, Madeleine, comme une place forte: des remparts de verdure successifs protégeaient du vent les plantations les plus fragiles jusqu’à arriver au coeur battant du jardin: les roses et les jasmins.

La maison de Granville n’est pas étrangère à l’architecture des créations de Christian Dior, construites en strates. « Je rêvais d’être architecte. Etant couturier je suis obligé de suivre des principes, des lois d’architecture, expliquait Christian Dior alors qu’il était invité dans l’amphitéâtre de la Sorbonne en 1948. (…) Ce n’est pas un vain mot de parler de l’architecture d’une robe. Une robe se construit, et elle se construit selon le sens des tissus. Le sens des tissus, c’est le secret de la couture. Et c’est un secret qui dépend de la première loi architecturale: celle de l’obéissance à l’apesanteur. »

Exposition Les trésors de la Collection, 30 ans d’acquisitions, jusqu’au 6 janvier 2019.

Commissariat de l’exposition: Brigitte Richart, conservatrice, commissaire générale. Gwénola Fouilleul, chargée des collections, commissaire associée. Avec les contributions de Florence Müller, conseillère scientifique et Barbara Jeauffroy- Mairet, chargée de missions.

Scénographie: Agence Alighieri (Simon Jaffrot et Noémie Bourgeois)