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Hermès, entre cuir et chair

Fashion week Paris. La collection automne-hiver 2019-20 conçue par Nadège Vanhee-Cybulski pour Hermès dévoile une femme que l’on ne croise pas encore dans la boutique du 24 Faubourg: celle dont les nuits semblent plus belles que nos jours. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

6 mars 2019

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Photos: @ Jean Francois Jose.

Dans un décor façon auditorium formé de treillis de bois, les filles portant la collection Hermès automne-hiver 2019-20 ont défilé au rythme des chansons de David Bowie. Elles n’avaient rien de Ziggy Stardust, on est chez Hermès, mais certaines avaient sorti leurs jambes pour traverser la nuit que l’on imagine belle.

Nadège Vanhee-Cybulski, la directrice de la création du prêt-à-porter féminin chez Hermès, ne nous avait pas encore révélé cette face cachée de la maison: la sensualité. Ou alors elle l’avait fait, mais de manière discrète lors de sa première collection, avec des robes de cuir qui moulaient les corps mais dont les cols montaient haut. Jusqu’à présent, elle avait préférer révéler que montrer.

Avec ses shorts en cuir, dont l’ourlet s’arrête à la naissance des cuisses, la maison est entrée dans une autre dimension: beaucoup de cuir, un peu de chair. « J’ai voulu apporter une féminité puissante dans cette collection. Même si ce mot est difficile à définir car il est ambivalent : on veut être attirante, mais qu’on nous laisse tranquille, on a envie d’être fortes, mais vulnérable, … J’ai voulu transcrire la sensualité que je perçois dans la maison Hermès. Et cette femme que j’ai montrée est une femme de la nuit. Je voulais créer des vêtements de jour qui traversent les heures et qui vivent aussi la nuit », expliquait la créatrice après le défilé.

Au delà de cette nouvelle féminité, la collection explorait les classiques d’Hermès. « Cette collection est un hommage au classicisme, mais de manière moderne, avec des coupes très précises, acérées. J’ai

également utilisé le foulard de ma mère pour en faire une couverture de jour: c’est le premier carré Hermès que j’ai vu dans ma vie. J’ai joué autour de ce carré, prenant des photos, en jouant avec la focale, en zoomant. »

La référence au classicisme de la maison, ce sont ces harnachements, ces tuniques de daim ornées de boucles de selle, ces brides qui ont été cousues sur des jupes crayon, ces vestes façon couverture d’équitation, ces doudounes à étriers. Mais cela n’a pas été réalisé dans un esprit « bourgeois ». « Il n’est pas question de bourgeoisie chez Hermès. On peut parler de transmission, en revanche. J’ai toujours compris la maison comme un lieu où sont réunis des experts du savoir-faire et des métiers. Pour moi, c’est une maison qui exprime la beauté, or tout le monde est à même de reconnaître la beauté », explique la directrice artistique.

Si Nadège Vanhee-Cybulski a choisi les chansons de David Bowie – Ziggy Stardust, Station to station, entre autres –  comme bande-son, c’est parce qu’elle a grandi avec ces musiques. « C’était une sorte de zone de confort », dit-elle. Quant à la présence de cet auditorium reconstitué, il permettait à l’esprit de revenir à l’essentiel:  le vêtement. « Quand vous êtes assis dans un auditorium, vous vous retrouvez dans une sorte d’alcôve et vous pouvez vous concentrer sur les vêtements. » Et c’est ce que l’on a fait…

Hermès, entre cuir et chair

6 mars 2019

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Fashion week Paris. La collection automne-hiver 2019-20 conçue par Nadège Vanhee-Cybulski pour Hermès dévoile une femme que l’on ne croise pas encore dans la boutique du 24 Faubourg: celle dont les nuits semblent plus belles que nos jours. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Dans un décor façon auditorium formé de treillis de bois, les filles portant la collection Hermès automne-hiver 2019-20 ont défilé au rythme des chansons de David Bowie. Elles n’avaient rien de Ziggy Stardust, on est chez Hermès, mais certaines avaient sorti leurs jambes pour traverser la nuit que l’on imagine belle.

Nadège Vanhee-Cybulski, la directrice de la création du prêt-à-porter féminin chez Hermès, ne nous avait pas encore révélé cette face cachée de la maison: la sensualité. Ou alors elle l’avait fait, mais de manière discrète lors de sa première collection, avec des robes de cuir qui moulaient les corps mais dont les cols montaient haut. Jusqu’à présent, elle avait préférer révéler que montrer.

Avec ses shorts en cuir, dont l’ourlet s’arrête à la naissance des cuisses, la maison est entrée dans une autre dimension: beaucoup de cuir, un peu de chair. « J’ai voulu apporter une féminité puissante dans cette collection. Même si ce mot est difficile à définir car il est ambivalent : on veut être attirante, mais qu’on nous laisse tranquille, on a envie d’être fortes, mais vulnérable, … J’ai voulu transcrire la sensualité que je perçois dans la maison Hermès. Et cette femme que j’ai montrée est une femme de la nuit. Je voulais créer des vêtements de jour qui traversent les heures et qui vivent aussi la nuit », expliquait la créatrice après le défilé.

Au delà de cette nouvelle féminité, la collection explorait les classiques d’Hermès. « Cette collection est un hommage au classicisme, mais de manière moderne, avec des coupes très précises, acérées. J’ai également utilisé le foulard de ma mère pour en faire une couverture de jour: c’est le premier carré Hermès que j’ai vu dans ma vie. J’ai joué autour de ce carré, prenant des photos, en jouant avec la focale, en zoomant. »

La référence au classicisme de la maison, ce sont ces harnachements, ces tuniques de daim ornées de boucles de selle, ces brides qui ont été cousues sur des jupes crayon, ces vestes façon couverture d’équitation, ces doudounes à étriers. Mais cela n’a pas été réalisé dans un esprit « bourgeois ». « Il n’est pas question de bourgeoisie chez Hermès. On peut parler de transmission, en revanche. J’ai toujours compris la maison comme un lieu où sont réunis des experts du savoir-faire et des métiers. Pour moi, c’est une maison qui exprime la beauté, or tout le monde est à même de reconnaître la beauté », explique la directrice artistique.

Si Nadège Vanhee-Cybulski a choisi les chansons de David Bowie – Ziggy Stardust, Station to station, entre autres –  comme bande-son, c’est parce qu’elle a grandi avec ces musiques. « C’était une sorte de zone de confort », dit-elle. Quant à la présence de cet auditorium reconstitué, il permettait à l’esprit de revenir à l’essentiel:  le vêtement. « Quand vous êtes assis dans un auditorium, vous vous retrouvez dans une sorte d’alcôve et vous pouvez vous concentrer sur les vêtements. » Et c’est ce que l’on a fait…