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Chanel à la plage

8 octobre 2018

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Karl Lagerfeld a fait venir la mer jusqu’à Paris, très exactement sous la coupole du Grand Palais. Une plage de sable blond léché par une eau couleur d’aigue-marine, vagues comprises, servait de podium au défilé de la collection prêt-à-porter printemps/été 2019. Et nous donnait envie de prolonger l’été. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Quelques jours avant le défilé, on nous avait demandé de ne pas porter de talons, oubliant de nous dire de prendre une paire de tong. Une plage de sable blond, léchée par une eau couleur aigue-marine, avait réussi à trouver place sous la coupole du Grand Palais.

Les filles passent pied nus dans le sable, chaussures à la main: pour une fois, on les voit dessus dessous. Les silhouettes sont amples, les épaules larges, les jupes ont des zip sur les côtés ou devant, comme dans la dernière collection haute couture. Cela fait des jambes interminables. Le tweed est léger, le jean taille haute évasé, les combinaisons pantalon font la silhouette en forme de X.

J’aurais aimé être un micro drone voletant dans les studios lorsque fut choisi cet imprimé parasol qui, de loin, ressemble à un camélia, ces bretelles colliers de coquillages, cette pochette de soirée en forme de coquille Saint-Jacques ou l’autre, comme un ballon de plage. J’aurais voulu être là aussi quand fut dessiné ce ciré de plage en dentelle plastifiée et lorsque la décision fut prise de ressortir le legging et le short de cycliste. Deux choses que l’on n’avait pas vues depuis quelques années et que l’on pensait ne pas revoir. On ne devrait jamais dire jamais avec Chanel, dont le nom devient sautoir à la vertical et s’inscrit en deux temps sur une casquette à double visière: CHA devant, NEL derrière. Il faut être doté d’une sacré puissance pour pouvoir à ce point ne pas se prendre au sérieux.

Il y a tellement d’humour dans cette collection qui défile sur « L’amour à la plage », la chanson du goupe Niagara emmené par la belle Muriel Moreno en 1986. Les robes « cabines de plage », sous lesquelles on quitte son maillot  deviennent des « robes cabanes » en tweed rose à plumetis et volants de dentelle.

C’était l’amour à la plage, aou cha-cha-cha