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La beauté sur mesure

24 mai 2018

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La peau est un organe qui évolue de manière constante et réagit en fonction des saisons, de l’environnement, de la pollution, de notre santé, et de bien d’autres facteurs. On ne peut la réduire à ces quatre états: grasse, sèche, sensible et mixte. Elle mérite que l’on en prenne soin de manière plus ciblée. Bonne nouvelle: les soins personnalisés, réservés autrefois à une clientèle privilégiée, se sont démocratisés. – Isabelle Cerboneschi.

Pendant trop longtemps on a réduit la peau à quatre états: grasse, sèche, sensible et mixte. Une classification réductrice qui ne prenait pas du tout en compte le fait que la peau est un organe qui réagit en fonction de la saison, de l’heure du jour, de l’état hormonal, psychique, physique de la personne. On peut avoir un jour la peau qui tire à cause du froid, un autre jour des rougeurs suite à une exposition au soleil, ou l’épiderme desséché par des heures d’avion. Mais emplir ses placards d’autant de pots de crèmes que de situations est des plus malpratique.

D’où le concept de soins personnalisés. Il est né dans les officines des médecins esthétiques, dans certains Spa et instituts de beauté, ceux de Joëlle Ciocco en tête. Une sorte de haute couture de la beauté qui était, elle aussi, réservée à une clientèle fortunée.

Or comme beaucoup de produits de luxe, ces soins « sur mesure » ont commencé à se démocratiser. Quelques marques de niches ont proposé leurs propres formules avec une crème de base et des serums additionnels: Codage, Laboté, Ioma, ou encore Phi Essentiel dans le domaine du bio, pour ne citer qu’elles. Les soins My Blend de Clarins, uniquement effectués dans certains instituts, ont donné naissance à une ligne de boosters Clarins à ajouter dans sa crème de base, pour tout public. Chanel a lancé en février dernier un produit hyper pratique à avoir toujours avec soi dans son sac: le soin D-Pollution Essentiel, un brumisateur qui diffuse sur la peau une brume agissant comme un bouclier contre les agressions de l’air urbain. Sa mission : empêcher la pénétration des particules polluantes dans la peau, limiter le stress oxydatif lié à la pollution, et booster le système de défense. Il s’agit du geste le plus simple qui soit puisqu’il suffit d’un pschitt pour protéger sa peau. Dior également a suivi la tendance et vient de lancer sa ligne Capture Youth.

Si cette tendance répond aux besoins effectifs de la peau, elle correspond assez bien au désir de personnalisation croissant des consommateurs, à leur désir de se « brander » de devenir leur propre marque un peu en identifiant leurs bagages avec leurs initiales et des bandes de couleur, en demandant à un artiste de customiser leur sac, ou plus simplement en choisissant l’écran et les fonctions de leur montre connectée. Sans oublier la gratification instantanée qui naît du sentiment d’être intervenu dans le processus de création, même si l’intervention n’intervient qu’au stade final, dans le cas d’un soin de beauté: celui de l’application.

La beauté personnalisé touche aussi au high tech. Lors du Consumer Electronic Show (CES) qui s’est tenu à Las Vegas du 9 au 12 janvier 2018, les visiteurs ont pu découvrir un scanner de la marque Neutrogena, le Neutrogena Skin 360 qui fonctionne à l’aide d’une lentille dotée d’une loupe et de lumière LED ainsi qu’un détecteur d’humidité qui analyse l’état de la peau en temps réel et donne des conseils. Ce genre d’outil était jusqu’à présent réservé aux instituts. Son prix? Une quarantaine de dollars.

Songer à se faire rapporter un exemplaire des Etats-Unis dès cet été…

“La dématérialisation et la standardisation entraînent, par réaction, un besoin d’unicité, d’originalité et de sur-mesure.”

Les raisons de l’engouement des clients pour les soins sur mesure? Entretien avec Servane Lescop, Directrice de la marque My Blend.

I.C: Les soins sur mesure sont apparus d’abord dans les instituts. Et depuis environ deux ans on les retrouve dans les gammes des marques cosmétiques. Quel fut l’intuition de départ qui a donné naissance à la gamme My Blend?
Servane Lescop: My Blend est née en 2007 et a été conçue au départ pour être vendue en parfumerie. Nous sommes ne sommes rentrés en spa qu’en 2011. C’est le fruit d’une approche scientifique, née des observations du Dr Olivier Courtin, fondateur de la marque et fils de Jacques Courtin, sur la cicatrisation lorsqu’il était chirurgien. La cicatrisation est très différente d’un individu à l’autre et est liée à son mode de vie. Or la cicatrisation et la lutte anti-âge font appel à un même phénomène physiologique : la régénération cellulaire. On sait maintenant que la régénération cellulaire est très dépendante des terminaisons nerveuses et du système de défense des cellules : il est donc important de protéger les terminaisons nerveuses et les défenses cellulaires.

D’où l’idée de créer un soin sur mesure?
Puisque toutes les peaux n’ont pas la même biologie et que la régénération des cellules, est dépendante du style de vie, il est important, pour avoir une belle peau, de personnaliser ses crèmes. Pour le Dr Olivier Courtin il est nécessaire d’offrir aux femmes le choix dans les produits proposés, non pas en démultipliant la gamme, mais en adaptant les formules aux besoins de chacune et à leur mode de vie. L’idée est de s’adapter à leur ressenti et de répondre davantage aux besoins de leur peau qu’à leur âge, ce qui était jusque-là l’approche la plus répandue en cosmétique.

Nous sommes conscients désormais que l’état de la peau évolue, mais la raison de l’engouement pour ce genre de produits « sur mesure » ne peut se réduire à cette seule observation. Pensez-vous que l’intérêt des consommateurs soit lié également aux nouvelles habitudes de consommation de ceux que l’on appelle les Millenials, qui recherchent une offre de plus en plus personnalisée au point d’avoir la satisfaction de participer au processus de création?
Nous ne pensons pas que l’engouement pour les produits personnalisés soit le seul fait des Millenials: les femmes My Blend ont souvent plus de 35 ans. C’est une démarche que l’on retrouve chez toutes les générations et qui touche en effet tous les secteurs.

La dématérialisation et la standardisation entraînent, par réaction, un besoin d’unicité, d’originalité et de sur-mesure. Nous avons besoin de nous retrouver dans ce que nous achetons, de donner un sens à ce que nous achetons. C’est ce que permet le sur mesure avec, en outre, une assurance de plus d’efficacité. C’est tout cela que les Femmes My Blend recherchent.

Vous avez lancé des boosters sur le marché il y a quelques temps. Quel était fut la plus grande difficulté pour adapter cette offre d’institut à un public plus large?
My Blend n’a pas été créée uniquement pour les instituts mais est depuis le départ destinée à toutes les femmes. Les Boosters sont le cœur même du concept de soins sur mesure My Blend. Ce sont des concentrés d’actifs purs que l’on ajoute à sa Formule Essentielle Jour ou Nuit (jusqu’à 2 Boosters par Formule Essentielle) afin de répondre aux besoins de sa peau à un moment donnée et de créer ainsi un soin parfaitement personnalisé et plus efficace. C’est cette efficacité, liée à la personnalisation que recherchent les femmes.

Comment comprendre les besoin de notre propre peau si l’on ne possède pas la machine qui analyse son état comme cela se pratique dans vos instituts?
Nous avons en effet développé un appareil de diagnostic de peau pour les spa, My Skin Diag spa, mais vous pouvez également faire votre diagnostic de peau sur internet en répondant à un questionnaire très complet sur vos habitudes de vie et sur votre peau qui nous permet de déterminer quels sont vos besoins. Lorsque vous avez terminé votre mélange personnalisé nous vous conseillons de faire un nouveau diagnostic de peau afin de vous assurer que ses besoins n’ont pas changé et d’optimiser l’efficacité de votre mélange. En effet un changement de saison, des changements dans vos habitudes de vies, un stress… ont un impact sur votre peau et donc sur ses besoins. D’un diagnostic à l’autre il est rare que la Formule Essentielle change, en revanche, le duo de Boosters à mélanger varie très souvent.

Propos recueillis par I-C.

La machine à beauté

Une capsule et le tour est joué ? Oui, mais ce ne sont pas des boissons chaudes mais votre dose beauté que propose le formulateur connecté Figure, développé par la start-up de beauté française Romy Paris. – Lily Templeton.

C’est à l’occasion du Consumer Electronic Show (CES) qui s’est tenu à Las Vegas du 9 au 12 janvier 2018, que la start-up française Romy a présenté son mini-laboratoire de formulation ressemblant à une machine à café. On choisit parmi une quinzaine d’actifs ceux dont on a besoin et l’on crée sa crème et son sérum sur mesure dans sa cuisine.

Au cœur de la machine, une réserve de base sérum, à laquelle vous ajoutez les capsules d’actifs (jusqu’à trois), selon vos besoins. Pour savoir lesquelles choisir, l’application de la marque analyse votre environnement, que ce soit le taux de pollution ou votre activité sportive pour vous faire une prescription à chaque utilisation.

En quelques secondes, la juste dose pour une seule application, vous est délivrée. Pour que votre crème reste toujours fraîche, comme vous.

http://romy-paris.com/