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Hermès, un parfum d’Odyssée…

2 octobre 2018

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La maison Hermès a fait appel à l’imaginaire de ses invités: comment faire venir la mer en plein milieu de l’hippodrome de Longchamp? En donnant à voir quelque chose qui l’évoque: un mur miroir et une collection qui prend le large. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Hippodrome de Longchamp, samedi 29 septembre, vers 18h30. C’est ce lieu qu’Hermès a choisi pour présenter sa dernière collection printemps/été 19. Est-elle inspirée du monde équestre et du métier des origines, celui de sellier? Dans le monde de la mode, on a appris à ne jamais s’attendre à rien, et surtout pas à l’évidence.

Nadège Vanhee-Cybulski a pris son monde à rebours. Elle a fait venir la mer en plein cœur de Paris, ou du moins, l’idée de la mer. Hermès joue sur les mots: Sellier-Sailor. Le cheval ou la mer? Et pourquoi pas les deux?

La paroi-miroir qui court le long du podium de sable blond, reflète le bleu du ciel et sépare les deux mondes: on est entre Ciel et Terre.

Les filles s’avancent, cheveux au vent, qui pourrait être celui du large, sur l’adagio du concerto pour piano No 23 de Mozart. Elles portent des manteaux-couverture bordées d’orange néon, elles utilisent des drisses et des écoutes pour se ceindre et ceinturer, et se servent de mousquetons comme fermoir. Pour résister au chant des sirènes? Un tablier de palefrenier se transforme en robe d’été. Sailor-Sellier, les deux univers se confondent.

Les mannequins portent des blousons fermés par des boutons dessinés par l’artiste Laurence Owen et au cou elles portent, en or blanc ou rose serti de diamants, les chaînes de leur liberté.

L’envie de prendre le large, c’est à cela que je pense quand je regarde toutes ces filles défiler. Mais pour revenir, toujours. La collection printemps-été est une échappée belle. Elles sont toujours belles, d’ailleurs, les échappées, quand on a le vent dans les voiles des robes. Une collection qui offre à l’esprit le luxe de s’échapper temporairement du présent est bien plus que de la mode. C’est une forme de poésie qui se récite sans mot.