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Les diamants suspendus

Pendant la semaine de la haute couture, qui s’est tenue à Paris en janvier dernier, Chopard a présenté ses dernières créations. Contrairement à ses habitudes, la maison n’a pas choisi de dévoiler une nouvelle collection de haute joaillerie, mais une nouvelle manière de sertir les pierres précieuses. Celles-ci semblent suspendues dans l’air, comme par magie. D’où le nom: Magical Setting. Il est rare que des joailliers établis se donnent la peine de rechercher de nouvelles techniques de sertissage. Cela méritait que l’on s’y intéresse de près. – Isabelle Cerboneschi.

22 mai 2019

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Bagues Magical Setting. Magical Setting rings. Photo: © Chopard.

Les émeraudes ornant cette bague « marguerite », forme traditionnellement choisie pour des fiançailles, semblent graviter dans l’air, tenant ensemble par la bonté du Saint-Esprit, ou par un aimant invisible, ou par on ne sait quoi. Toujours est-il que la monture, vue de dessus, est invisible. Seule la pierre de centre est retenue par des griffes. En regardant la bague de profil, on découvre une sorte de serti clos autour des gemmes, comme un réceptacle de métal précieux dans lequel seraient enchâssées les quatre pierres précieuses traditionnelles : diamants, émeraudes, rubis, ou saphir.

Mais par quel miracle, malgré cet artifice, les pierres brillent-t-elles d’un tel éclat? Elles devraient être plus éteintes, puisque la lumière ne semble pouvoir les traverser. Et comment tiennent-elles ensemble? Toutes les questions que l’on se pose sur cette nouvelle technique de sertissage ne trouvent aucune réponse. Chopard souhaite à la fois conserver cet effet magique – « un magicien ne dévoile pas ses tours » – et protéger ce brevet.

La structure mise au point par les ateliers de la manufacture permet à la lumière de circuler au cœur même et tout autour des pierres, donnant une luminosité inédite aux gemmes: comme si les

pierres étaient éclairées par un chef opérateur génial qui agirait depuis l’intérieur même de la bague. « En tant que grande amoureuse des pierres précieuses, j’aime imaginer les plus façons les plus inattendues de les sublimer. Grâce au génie et à la virtuosité de nos ateliers de Haute Joaillerie, Magical Setting m’a permis de les faire flotter avec brillance et légèreté », dit Caroline Scheufele, la co-présidente et directrice artistique de Chopard, dans le communiqué.

« Magical setting ». Le nom est bien trouvé. On connaissait le Serti Mystérieux inventé par Van Cleef & Arpels en 1933. Son secret? Les pierres précieuses, taillées de manière à se côtoyer sans laisser de jour apparent entre elles, ont reçu une légère encoche sur le côté, ce qui leur permet de glisser sur des rails d’or qui leur servent de monture. On connaissait les Happy Diamonds, ces diamants qui dansent en liberté surveillée entre deux parois de verre sur le cadran d’une montre qui porte le même nom. Une technique inventée par Chopard en 1976. On vivra désormais avec le mystère du Magical Setting.

Les diamants suspendus

22 mai 2019

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Pendant la semaine de la haute couture, qui s’est tenue à Paris en janvier dernier, Chopard a présenté ses dernières créations. Contrairement à ses habitudes, la maison n’a pas choisi de dévoiler une nouvelle collection de haute joaillerie, mais une nouvelle manière de sertir les pierres précieuses. Celles-ci semblent suspendues dans l’air, comme par magie. D’où le nom: Magical Setting. Il est rare que des joailliers établis se donnent la peine de rechercher de nouvelles techniques de sertissage. Cela méritait que l’on s’y intéresse de près. – Isabelle Cerboneschi.

Les émeraudes ornant cette bague « marguerite », forme traditionnellement choisie pour des fiançailles, semblent graviter dans l’air, tenant ensemble par la bonté du Saint-Esprit, ou par un aimant invisible, ou par on ne sait quoi. Toujours est-il que la monture, vue de dessus, est invisible. Seule la pierre de centre est retenue par des griffes. En regardant la bague de profil, on découvre une sorte de serti clos autour des gemmes, comme un réceptacle de métal précieux dans lequel seraient enchâssées les quatre pierres précieuses traditionnelles : diamants, émeraudes, rubis, ou saphir.

Mais par quel miracle, malgré cet artifice, les pierres brillent-t-elles d’un tel éclat? Elles devraient être plus éteintes, puisque la lumière ne semble pouvoir les traverser. Et comment tiennent-elles ensemble? Toutes les questions que l’on se pose sur cette nouvelle technique de sertissage ne trouvent aucune réponse. Chopard souhaite à la fois conserver cet effet magique – « un magicien ne dévoile pas ses tours » – et protéger ce brevet.

La structure mise au point par les ateliers de la manufacture permet à la lumière de circuler au cœur même et tout autour des pierres, donnant une luminosité inédite aux gemmes: comme si les pierres étaient éclairées par un chef opérateur génial qui agirait depuis l’intérieur même de la bague. « En tant que grande amoureuse des pierres précieuses, j’aime imaginer les plus façons les plus inattendues de les sublimer. Grâce au génie et à la virtuosité de nos ateliers de Haute Joaillerie, Magical Setting m’a permis de les faire flotter avec brillance et légèreté », dit Caroline Scheufele, la co-présidente et directrice artistique de Chopard, dans le communiqué.

« Magical setting ». Le nom est bien trouvé. On connaissait le Serti Mystérieux inventé par Van Cleef & Arpels en 1933. Son secret? Les pierres précieuses, taillées de manière à se côtoyer sans laisser de jour apparent entre elles, ont reçu une légère encoche sur le côté, ce qui leur permet de glisser sur des rails d’or qui leur servent de monture. On connaissait les Happy Diamonds, ces diamants qui dansent en liberté surveillée entre deux parois de verre sur le cadran d’une montre qui porte le même nom. Une technique inventée par Chopard en 1976. On vivra désormais avec le mystère du Magical Setting.