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Exclusif: Marc Berthier, le temps au Carré

15 janvier 2018

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Hermès, qui expose au SIHH pour la première fois, dévoile aujourd’hui la montre Carré H. Elle a été dessinée par l’un des plus grands designers de notre temps: Marc Berthier. Ce dernier a l’art de créer des objets qui entrent dans l’époque au bon moment: au jour J et à l’heure H. Conversation sur presque tout. – Isabelle Cerboneschi.

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arc Berthier est l’un des plus grands et l’un des plus méconnus des designers et architectes de notre temps. Les stars du métier l’adulent, Philippe Starck en tête. Il a formé tout une génération de talents: les Tse Tse, le groupe RADI, Matali Crasset, Patrick Jouin, Inga Sempé, pour ne citer qu’eux. Une de ses techniques, pour titiller la créativité de ses élèves, c’est de travailler en images mentales: il leur donne un brief et les laisse imaginer le lieu ou l’objet dans leur tête avant de le dessiner. Cela donne des résultats tellement plus passionnants que les programmes d’ordinateurs. Si Marc Berthier est un dieu en son royaume, il est peu connu du public. Disons qu’il n’a pas cherché à se faire connaître. Ses objets parlent pour lui. « Et puis j’ai un caractère un peu rustre », dit-il.

Ses objets? Il en a tant créé, en cinquante ans de carrière, qu’il n’est pas en mesure de tous les recenser. Nous en sommes entourés sans le savoir: les fameuses radio Tykho de Lexon enveloppées de gomme siliconée pour écouter les nouvelles dans sa salle de bain, c’est lui, la bouilloire Rowenta super jolie dans les cuisines ouvertes, c’est lui aussi. Et puis il y a des calculatrices, réveils matin, ventilateurs à hélice en élastomère, sacs de voyage, jumelles, téléphones portables, montres, tout un catalogue de créations qui habitent avec nous, nous rendent la vie plus simple, plus légère en tout cas.

La légèreté, c’est son Graal, y compris la légèreté d’esprit. Une démarche qui remonte à 1967, lorsqu’il a créé la ligne de meubles Ozoo en polyester et fibre de verre pour Roche Bobois, vendue à un prix « démocratique ». Il y eut aussi le mobilier scolaire modulaire en tubes, conçu comme un Meccano de couleur à monter soi-même: les Mecanotube, lancés en 1977 et exposés au Centre Pompidou. Des objets qui préfiguraient le phénomène du « Do It Yourself ». En 1991 il a co-fondé l’agence Eliumstudio avec Pierre Garner et Frédéric Linz, ses anciens étudiants, rejoints par sa fille Elise. Un nom qui s’inspire de l’Helium, summum de la légèreté.

Ce grand sportif, qui a pratiqué tous les sports –  nageur de combat, parachutisme, judo, aile delta, golf ski, ski nautique – a 82 ans mais en fait 20 de moins. Les interviews, il déteste cela, viscéralement. A chacune de nos rencontres, je biaise un peu. « On papote, comme il dit, et en papotant il y a des choses qui se disent et qui sont révélatrices.» Lors de notre dernier entretien, en octobre dernier, il a évoqué la genèse de la Carré H, mais pas seulement. Il s’est mis à table, au propre comme au figuré, racontant des bribes de sa vie à la façon d’un roman, tout en oubliant l’enregistreur qui tournait, posé devant un dos de turbot cuit à la perfection qu’il n’a pas terminé. Cette interview est donc la plus longue qu’il lui a été donné de faire, car elle relève plus de la conversation de salon. Une conversation monothématique qui tourne autour d’un seul sujet – Marc Berthier – mais sous sous tous les angles qu’il a bien voulu aborder.

Lorsqu’il était président d’Hermès, Jean-Louis Dumas lui avait demandé de dessiner une montre pour homme: un chronographe très identitaire. Le projet est resté lettre morte jusqu’au jour où Pierre-Alexis Dumas, le directeur artistique d’Hermès, a décidé d’en faire quelque chose. Ainsi est née en 2010 la Carré H: un design au cordeau, un carré aux angles adoucis comme la plupart des objets nomades, un boîtier comme une cuvette, des index bâton, une pureté poussée à l’extrême. Seuls 173 exemplaires avaient été produits. Ils sont partis comme des comètes. Cela aurait été dommage de ne pas décliner ce succès et des années plus tard, La Montre Hermès a de nouveau fait appel à Marc Berthier. « Nous avons voulu poursuivre cette histoire de la Carré H, car avec la première, nous sommes restés sur une frustration: il y en a eu trop peu et elle est partie trop vite. Nous avons souhaité continuer cette histoire donc, mais avec un autre visage », explique Philippe Delhotal, directeur artistique de La Montre Hermès.

“Mon métier, en tant qu’architecte et designer, c’est de résoudre la complexité et de la réduire au maximum pour faire des choses pertinentes. Or j’ai fini par comprendre que dans le monde de l’horlogerie, c’est le contraire: plus c’était compliqué, plus c’était difficile à faire, et plus cela avait de la valeur.”

En 2010, la montre Carré H était lancée. Que s’est-il passé depuis avec la maison Hermès?
Marc Berthier. Il ne s’est rien passé. Tous les exemplaires ont été vendus en 3 mois. Il y a eu des copies. J’y suis habitué. Je vais d’ailleurs bientôt exposer dans un musée important et on essaie de recenser tout ce que j’ai fait, j’en suis incapable: or on s’est rendu compte que circulent sur la toile des tas de choses qu’on m’attribue et que je ne connais absolument pas! (rires). Certaines sont des copies conformes, d’autres sont des inspirations. C’est le prix à payer quand on crée des choses pour le plus grand nombre. Avec La Montre Hermès, on ne travaille pas pour le plus grand nombre, mais pour des gens qui apprécient la qualité, et cela se passe donc autrement. Je regrette juste que cette montre n’ait pas été créée à plus d’exemplaires. Cette forme n’est pas facile: c’est comme un galet, on dirait que c’est la main qui l’a usée. Elle possède un effet microbillé que j’adore. Elle est tellement Hermès! On aurait pu la reprendre dans une dimension plus féminine.

Comment s’est passée votre première rencontre avec Jean-Louis Dumas, lorsqu’il vous a demandé de dessiner une montre pour homme?
Ce fut un entretien d’au moins deux heures. « C’est bien vous Marc Berthier?, m’a-t-il demandé. On m’a parlé de vous. Je connais un peu votre travail. On a un problème. On n’a pas été capable de lancer une montre pour homme. Comment verriez-vous un chronographe Hermès? » Je lui ai donc raconté en images mentales tout ce qui pouvait coïncider avec son idée. Il m’a regardé assez surpris et il m’ai dit: « j’ai besoin de vous, il faut absolument que vous nous sortiez d’affaire! ». Je me suis soudain senti investi d’une mission: comme le messie qui allait sauver la maison Hermès! (rires). 

Et quel projet lui avez-vous proposé?
J’avais éliminé tous les modèles trop sportifs pour revenir à un projet qui me semblait plus romantique. Je lui ai parlé des explorateurs, des séducteurs, des dandy voyageurs, et je lui ai fait deux propositions. L’une était inspirée de Gatsby le Magnifique et l’autre de l’explorateur philosophe Victor Segalen, qui lui a plu. Mais je me suis heurté à l’équipe en place à l’époque qui considérait que je n’y connaissais rien en horlogerie. Il est vrai que ce que je connaissais de la Chaux-de-Fonds, c’était plutôt le Corbusier que les ateliers, mais j’avais déjà dessiné une douzaine de montres! Puis j’ai fait une proposition qui était l’ancêtre de la Carré H: Cavalier et Cavalière. On m’a fait un peu tourner en rond et à un certain moment les discussions se sont arrêtées. On ne parlait pas le même langage. La montre n’a pas été commercialisée.

Que vous est-il resté de cette expérience peu heureuse à l’époque?
Tous les métiers ont leur langage propre et j’ai pris conscience que ce que moi j’appelle la complexité, les horlogers eux parlent de montres à complications. Or mon métier, que ce soit mon approche d’architecte ou de designer, c’est justement de résoudre la complexité et de la réduire au maximum pour faire des choses pertinentes, tandis que dans le milieu horloger on fait des montres à complications. Evidemment j’ai fini par comprendre que c’était une sorte de challenge: que plus c’était compliqué, plus c’était difficile à faire, et plus cela avait de la valeur. J’ai appris à rebours certaines choses.

La première Carré H était très simple au premier regard, mais complexe dans ses détails.
Non ce n’était pas de la complexité, c’était de l’épure. Le luxe, c’est épurer un objet de tout décorum. Pour moi c’est une forme d’élégance et la légèreté fait partie de la tradition d’Hermès. Prenez le Kelly: il n’y a rien à ajouter. Il y avait une tendance au carré arrondi dans les objets. à cette époque. Et le carré est emblématique d’Hermès.

Quand La Montre Hermès m’a annoncé qu’une nouvelle version de la Carré H allait voir le jour, j’ai pensé que ce serait une montre connectée.
Nous l’avons faite, mais pas pour Hermès:  nous avons dessiné en 2008 la première montre chic connectée qui a été portée par l’ex Président de la République française. Elle existe toujours mais elle a changé de nom: la société Withings a été rachetée par Nokia en 2016.

Comment fait-on tourner le temps en rond dans un carré?
Pour faire tourner en rond des aiguilles dans un carré il faut les disposer d’une certaine façon. Si vous prenez la Tank de Cartier, elle possède des chiffres romains qui ont été équilibrés: le chiffre 4 est différent (il est représenté par quatre symboles I, au lieu de l’habituel IV, ndlr) pour que cela tourne bien. Avec la Carré H, nous avons créé un cercle inscrit dans le carré, c’est de la géométrie pure: nous avons joué sur les chiffres de la ronde des heures. Toute l’harmonie naît des proportions.

Vous êtes le designer de la légèreté, d’où vient ce désir?
Cela fait plus de cinquante ans que je fais du design et j’ai toujours travaillé la légèreté. Pour moi,c’est la clef d’entrée dans le XXIe siècle. La légèreté ce n’est pas la recherche de l’apesanteur absolue: c’est la légèreté de l’esprit, c’est la mobilité, c’est une forme de modernité, de progrès. La légèreté, c’est l’économie des matières, des moyens, et des énergies. Avec le vélo électrique on est arrivé à faire quelque choses de mobile et d’ultra léger. La légèreté, c’est une attitude face à des problèmes posés: les solutions sont dans la légèreté. Je me suis intéressé aux avions ultra légers. Avec un de mes étudiants et mon équipe, nous avions construit un ballon dirigeable en mylar, un matériau comme une couverture de survie. Cet étudiant avait fabriqué un châssis de vélo en carbone/carbone, avec un système de propulsion par hélice et il a traversé la Manche. Je me suis aperçu que tous les critères allant vers la légèreté allaient vers le progrès. D’ailleurs je me suis rendu compte que ce sont surtout les femmes qui s’intéressent à mon discours sur la légèreté.

“Pour moi la légèreté c’est la clef d’entrée dans le XXIe siècle. La légèreté, ce n’est pas la recherche de l’apesanteur absolue, c’est la mobilité, c’est une forme de modernité, de progrès. La légèreté, c’est l’économie des matières, des moyens, et des énergies.”

Peut-être parce que nous avons plus souvent des problèmes de poids?
(Rires) Mais mon discours n’allait justement pas vers cela! D’ailleurs ma fille a dessiné la première balance connectée!

Ce qui est fascinant c’est qu’à l’époque où vous vous êtes intéressé à la légèreté, dans le monde du luxe, c’était le contraire: plus il y avait de la lourdeur, de la matière, et plus l’objet avait de la valeur.
La vision du luxe depuis, a été épurée. La première Carré H, on l’avait faite en titane: c’était une plume! Le luxe de la Carré H, c’est sa brillance et ses reflets.

Vous parlez souvent d’images mentales, qu’est-ce que c’est?
J’ai l’habitude de travailler en images mentales. Je suis capable de monter et démonter la montre Carré H les mains dans les poches. J’ai enseigné le travail en images mentales à mes étudiants en architecture. Par exemple, je leur disais: vous posez devant vous une feuille de papier, votre crayon et vous croisez les bras comme à l’école primaire. Ils n’appréciaient pas beaucoup. Je leur décrivais alors un espace: par exemple je leur disais qu’en entrant il y avait un éclairage zénital sur la gauche, 2 marches d’escalier ici, un pylône à tel endroit, des reflets, bref, vous voyez l’idée. Je leur parlais bien sûr avec un langage plus architectural. C’était comme un storytelling, mais très  précis. Ils devaient visualiser l’espace et ils avaient dix minutes pour le dessiner. Au final, il n’y en avait pas deux qui faisaient la même chose! Ils s’apercevaient qu’en images mentales, ils exprimaient différemment les choses. Je faisais la même chose en design: un jour je leur ai demandé de dessiner 6 verres, et ils m’ont fait le catalogue Ikea! Ils ont fait six verres identiques. Je leur ai donné ensuite donné un thème aquatique et là des choses magnifiques sont apparues. Avec un logiciel d’ordinateur, si vous demandez des bouteilles « Philippe Starck » il va vous sortir peut-être deux bouteilles que le designer aura fabriqué, mais aussi des bouteilles dans son style, dessinées par le système.

Ces jeunes à qui vous enseignez sont nés avec des ordinateurs. Est-ce que l’on a une capacité plus grande à envisager des mondes imaginaires quand on n’est pas un “native” né à l’époque des ordinateurs?
Un ordinateur, ce n’est jamais qu’un outil. Jusqu’à présent, il n’a jamais été à l’origine d’un concept nouveau. Mais ceux qui sont nés sans ont beaucoup plus de capacité à imaginer des choses, des objets, des lieux dans leur tête. C’est pour cela que je fais travailler mes élèves en images mentales.

Le goût du design, vous le tenez de qui?
Mon arrière grand-père a inventé le parpaing à partir de machefer. C’étaient des parpaings gris, pas chers, conçus pour les cités ouvrières du nord. J’avais aussi un aïeul qui était maître de forge dans Le Creusot, et il fabriquait de la quincaillerie, des outils pour l’agriculture, des rails. Son fils, mon grand père maternel, était un dandy qui adorait les voitures et qui a gagné le tour de France en 1923 sur une Th. Schneider. Plus vieux, il faisait des concours d’élégance avec sa femme. Il avait fait recouvrir sa voiture de cuir pour que les cailloux n’abiment pas la carrosserie. Il dessinait ses lunettes en aluminium, son bonnet blanc. Mes gènes du design viennent plutôt de lui que de l’aïeul qui faisait des parpaings, je pense.

Pourtant votre arrière grand-père créait déjà utile et léger…
Il avait acheté un moulin à Mâcon où il y avait une maison de maître Napoleon III, un étang et une cascade. Il en avait fait une grande propriété pour toute la famille. Quand j’étais enfant, pendant la guerre, on y vivait complètement en autarcie. Grâce à la roue à eau du moulin, on avait l’électricité. Il avait aussi créé une fabrique de pains de glace. On n’avait pas de bétail mais un jardin potager, des fleurs. Mon ancêtre était un peu caractériel et ne voulait rien devoir à personne. J’ai appris des choses sur l’écologie avant l’heure avec lui. Il avait des abeilles, il faisait du miel, du savon. Voilà d’où je viens.

Vous avez toujours été un sportif émérite et un jour vous m’avez-dit que vous aviez nageur de combat. Comment cela est-il arrivé?
Quand j’étais étudiant, j’étais maître nageur au Club Méditerranée et j’étais un bon nageur. J’ai été repéré quand je faisais mon service militaire et j’ai été intégré dans une unité mixte: il y avait le 11e choc ( 11e régiment parachutiste de choc, ndlr) et les nageurs de combat. Parmi eux, il y avait des radios, des espions et des nageurs de combat. La différence entre les nageurs de combat et les hommes grenouille de la marine, c’est que ces derniers vont enlever les mines sur les bateaux tandis que les premiers iraient plutôt effectuer des raids et poser la bombe. On suivait un entraînement particulier. J’avais déjà un brevet de parachutiste et j’ai été formé lors d’un stage à la citadelle de Font Romeux. On sautait en parachute en montagne avec un fusil de chasseurs alpins et des skis Aluflex, qu’on portait sur le côté. La descente avec ces skis était difficile car ils ne sont pas stables. C’était le parcours du combattant, en pire. Après le stage en montagne, on m’a envoyé à Collioure faire le stage en mer. On sautait en mer et on était récupéré par des zodiacs. Sauter en mer, cela veut dire qu’on avait un ventral et un dorsal. Arrivé à bonne hauteur, on doit débloquer le ventral et s’assoir sur la ceinture pour pouvoir se dégager à temps et ne pas se retrouver prisonnier sous la coupole du parachute. Le premier saut que j’ai fait, j’ai atterri sur la plage (rires).

Revenons à la Carré H. L’aiguille jaune et l’aiguille rouge, c’était votre idée?
Non. Je voulais une aiguille qui soit couleur “canon de fusil”, mais cela ne me déplaît pas qu’elle soit en couleur.

J’ai pensé que vous vouliez mettre un peu de joie, comme avec ces meubles pour enfants que vous aviez dessinés.
J’avais fait des meubles pour enfants parce que c’était le seul moyen de faire entrer la couleur dans les maisons à l’époque. Par la suite j’ai fait du mobilier en plastique pour les adultes. La collection Ozoo sera bientôt exposée en collection permanente au centre Pompidou.

Cette montre m’évoque le livre de Junichiro Tanizaki, L’Eloge de l’Ombre: la lumière vient d’un côté, en créant des ombres, et à la fois elle provient de partout quand on la bouge.
C’est exactement ce qu’on a voulu faire. C’est un cercle inscrit dans un carré. Vous remarquez que le cercle est en creux. Nous avons créé des niveaux différents ce qui donne des ombres projetées et des renvois de lumière, du fait de ces différents plans. Tout cela pour jouer avec l’ombre et la lumière.

Vous avez toujours su créer l’objet juste au moment juste, lorsque la société était prête à le recevoir, voire l’attendait sans le savoir. Vous auriez pu créer des objets mode qui se démodent, or les vôtres se transforment toujours en objets intemporels. Comment faites-vous?
Chez Hermès je ressent cette intention de créer des choses intemporelles. Il m’est arrivé de céder à la mode, souvent, j’aime à être dans les courants. J’essaie de faire des choses qui sont intemporelles parce que c’est satisfaisant pour moi, mais aussi parce que sinon, c’est entrer dans un sytème de consommation peu intéressant. Les vêtement subissent l’usure: on ne peut pas les porter toute l’année, mais ce n’est pas le cas avec les équipements. Faire une nouvelle chaise qui n’apporte pas quelque chose de nouveau, cela ne sert à rien! J’essaie de justifier ce que je crée dans un contexte donné. D’ailleurs les humains feraient bien de s’intéresser à l’écologie de l’artificiel, virer les choses qui ne servent à rien et ne pas créer d’objets qui n’ont aucune signification.

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