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D comme Danse…

26 septembre 2018

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Maria Grazia Chiuri, la directrice artistique de Dior, s’est inspirée de l’univers de la danse pour la collection printemps-été 19. Un défilé-spectacle où les mannequins se mêlaient aux danseurs de la compagnie de Sharon Eyal. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Cette phrase et d’autres, écrites sur le mur blanc dressé au milieu de l’hippodrome de Longchamp, jouaient les ouvertures de chapitre. Ce serait donc le corps dansant, l’objet de la collection printemps/été 19 de Dior, le corps quand il exulte, quand il se laisse bercer par le chant de son âme, qu’il se cambre, qu’il s’étire, qu’il dépasse ses propres limitations, qu’il se croit invincible, qu’il parle sans mot, le corps en son envol…

Le défilé ne commence pas tout de suite, honneur à l’hôte principal, la danse, qui s’est invitée dans la mode. En général, c’est la mode qui s’invite dans la danse… Maria Grazia Chiuri a convié les danseurs de la compagnie de Sharon Eyal pour interpréter une chorégraphie créée sur mesure pendant le show. Ils prendront toute la lumière des projecteurs.

Un danseur se meut sous une pluie de pétales de roses, puis deux, puis de nombreux autres, puis un mannequin. Le défilé a commencé et l’on ne sait plus où regarder, à qui faire allégeance. Durant le show, le regard passe des uns aux autres. Est-ce voulu ce détournement d’attention?

La collection? Maria Grazia Chiuri a créé des codes précis pour Dior depuis son arrivée dans la maison et elle s’y tient. Elle a imposé le jean, le bleu marine, les robes légères comme des nuages de tulle, le kaki, le mélange des styles: une veste militaire se porte sur une jupe évanescente, un pantalon cargo avec un tailleur Bar. Avec cette collection elle ne fait qu’affirmer son propos, mais en y ajoutant une légèreté nouvelle, une liberté empruntée justement à l’art chorégraphique.

Tous les codes de la danse y passent: le tutu en version allégée, les demi-pointes lacées, le justaucorps, les cache-cœur des ballerines, les collants de résille qui deviennent robes ou jupes, et toute les teintes de nude. Les filles portent des chaussures faites de rubans tressées qui reposent sur des talons en plexiglass transparents. Elles marchent comme si elles étaient sur demi-pointe sous une pluie de pétales de roses, tandis que les danseurs dansent comme s’il n’y avait pas de fin.

Dance, dance, otherwise we are lost.” – Pina Bausch

The story comes from inside the body” – Sharon Eyal