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Nadège Vanhee-Cybulski, la discrète

9 mars 2018

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Nadège Vanhee-Cybulski, la directrice artistique de la maison Hermès. Photo © Inez & Vinoodh

En 2014, Nadège Vanhee-Cybulski était nommée à la direction de la création du prêt-à-porter femme chez Hermès. En sept saisons, elle a défini une nouvelle grammaire, une mode stricto-sensuelle. Retour sur notre première rencontre. – Isabelle Cerboneschi.

Elle a la peau diaphane et des cheveux de feu. Je l’imagine en muse du peintre flamand Rogier Van der Weyden. Peut-être la Marie-Madeleine lisant. Visage du XVe siècle, mais personnage ancré dans l’aujourd’hui et le demain, Nadège Vanhee-Cybulski dessine les collections Hermès depuis 2014.

Son parcours? A l’image de sa discrétion: après une formation à l’Ecole des beaux-arts d’Anvers, elle entre chez le maroquinier Delvaux, puis chez le mystérieux Martin Margiela de 2005 à 2008. Suivront trois années chez Céline où elle travaille avec Phoebe Philo sur ses premières collections avant de diriger dès 2011 le studio de The Row, la marque créée par les jumelles Olsen. Puis un beau jour de 2014, un coup de fil la surprend autant qu’il la ravit: voudrait-elle dessiner les collections féminines d’Hermès? Il est des propositions qui ne se refusent pas.

Cette passionnée de vêtements vintage, qu’elle chasse avec le regard d’une anthropologue à la recherche d’un style de vie perdu, dessine une mode que seul un néologisme parvient à décrire: stricto-sensuelle.

Elle a grandi dans le nord de la France et apprécie que sa vie privée reste privée. Elle est consciente du fait que des collections racontent, un peu, celle ou celui qui les a dessinées. Elle préfère parler d’elle avec des pantalons amples et libres, des coupes rigoureuses qui n’excluent ni l’esprit ni l’humour. Cela devrait suffire, pense-t-elle. En revanche Nadège Vanhee-Cybulski est intarissable sur son travail, l’amour du geste, le rôle du vêtement, la nécessaire implication du cœur dans tout ce que l’on fait. Elle a eu la chance de ne travailler que pour des maisons dont l’esprit était en résonance avec le sien. Elle n’a jamais eu à se forcer. Elle pense qu’un vêtement qui cache dévoile mieux.

I.C: Vous donnez vos interviews dans les ateliers de Pantin. Ce n’est pas anodin. C’est ici que naît le geste. Est-ce que la mode c’est cela, avant tout: un geste, une main qui dessine, une autre qui coupe, qui coud, tous ces gestes mis ensemble?
Nadège Vanhee-Cybulski: Oui, pour moi, la mode est avant tout une expression viscérale qui passe par le regard, le toucher, une transmission des sens. C’est en comprenant cela que l’on peut vraiment expliquer la mode, le prêt-à-porter Hermès. La main est essentielle. Prenez par exemple le cachemire double face, ce sont deux armures de cachemire qui sont liées ensemble, deux couches qui se tissent en même temps. C’est un travail qui exige beaucoup de dextérité. Le dessus et le dessous doivent être parfaits. Cela rejoint l’idée qu’un objet Hermès doit être aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il y a beaucoup de passerelles entre le travail de l’artisan et les techniques de la mode.

Quand on vous écoute, on se dit que la spécificité du prêt-à-porter Hermès tient dans la proximité des ateliers, des échanges de savoir-faire?
Il est vrai que, par rapport à d’autres circuits du prêt-à-porter, nous avons un atout qui est cette proximité avec nos façonniers et nos artisans. Un dialogue constant est instauré entre les métiers, qui permet cette quête de perfectionnisme. L’exigence commence au stade du dessin, de la forme, ensuite on peut compter sur l’exigence de la personne qui va couper le cuir ou le tissu en biais, de celle qui va monter le vêtement et qui va aussi apporter son œil et son avis. Cela ne veut pas dire que nous vivons en totale autarcie et que nous sommes complètement déconnectés de l’époque. Au bout du compte, le plus important, c’est qu’une femme vienne chez Hermès, choisisse un vêtement, se l’approprie, et le mélange avec une pièce d’une autre marque. C’est important que le vêtement Hermès et une garde-robe personnelle puissent coaguler.

Lorsqu’on regarde votre parcours, il y a quelque chose de frappant: vous avez toujours travaillé pour des maisons qui s’expriment de manière discrète, qui reflètent une certaine rigueur mais avec de l’humour. Les avez-vous choisies parce que cela correspondait aussi à un choix de vie qui va au-delà de la mode?
On peut être un designer et dessiner des choses dans lesquelles on ne parvient pas à seprojeter. Mais pour ma part, j’ai eu, c’est vrai, un parcours qui m’a permis de faire des créations très proches de mon mode de vie. J’ai toujours eu de grandes affinités esthétiques et formelles avec toutes les maisons pour lesquelles j’ai travaillé.

On peut dire alors que vous créez une mode qui vous ressemble?
Elle me ressemble, oui, et en même temps, il faut aussi que cela soit légèrement différent pour qu’il y ait un peu d’inattendu, de surprise.

Quel élément déclencheur vous a fait accepter de dessiner les collections Hermès?
C’était assez, disons, inattendu. Aujourd’hui, les gens me disent que j’étais faite pour travailler chez Hermès. Je leur réponds qu’ils me disent ça parce que j’y suis! Je n’avais jamais formulé cette ambition de manière aussi claire. J’ai toujours regardé cette maison avec de l’émerveillement, de l’admiration, du désir. Quand j’entrais dans ce magasin, je m’y sentais bien. On n’a pas trop envie d’en partir, on déambule, c’est un univers assez généreux, l’univers de l’artisanat. Je n’ai jamais vraiment pris en compte le fait que je suivrais ce trajet-là.

Comment cela s’est-il passé alors?
Quand on m’a appelée pour me rencontrer et pour éventuellement savoir si je voulais dessiner les collections de prêt-à-porter femme chez Hermès, c’était vraiment une grande surprise. Et je me suis dit: pourquoi pas? Il y a tellement de valeurs dans lesquelles je me retrouvais! Tout au long de ma carrière, j’ai formulé certains besoins: pour moi, un travail doit être fait avec âme, avec amour. Je me suis dit que chez Hermès je pourrais trouver ce genre d’engagement, ce genre de travail consciencieux, cette intégrité. Je pense que c’était cela l’élément déclencheur: un partage de valeurs, l’idée qu’un objet est bien fait, non seulement parce qu’il a été fabriqué avec le meilleur cuir au monde mais parce qu’il y existe une façon ancestrale de le faire, l’expertise d’une personne et surtout son plaisir à le faire. Vous comprenez cela quand vous allez visiter les ateliers de maroquinerie: les personnes qui y travaillent sont extrêmement fières de ce qu’ils font.

Vous évoquez le mot plaisir. Jusqu’où poussez-vous la notion de plaisir dans l’acte de se vêtir?
C’est un plaisir que l’on s’octroie et qui peut générer un plaisir chez les autres. Il y a une certaine jouissance à porter un vêtement qui va permettre de vous révéler, d’être bien avec vous-même, avec autrui, d’être réceptif et de partager un moment, comme un dialogue muet. Je ne comprends pas le terme de power suit. Pour moi, ce n’est pas une manifestation de pouvoir, un vêtement.

Dans la collection automne-hiver 2016-17, j’ai été marquée par les robes longues portées sur un pull à col roulé, que j’ai trouvé extrêmement sensuelles quand bien même elles ne dévoilaient pas un millimètre de peau. Est-ce votre manière d’exprimer la sensualité à l’intérieur de limites que vous vous êtes fixées?
Je n’aime pas les choses trop évidentes. Ces robes sont sensuelles déjà parce qu’elles sont coupées en biais. Or, le biais révèle le corps: vous pouvez comprendre s’il est tendre ou ferme, sous une robe en biais. Je trouve que c’est dix fois plus sensuel qu’une surexposition de chair. Il est aussi de mon devoir de pouvoir proposer une nouvelle lecture de ce qui est sensuel, élégant, beau, classique, de ce que peut être le prêt-à-porter Hermès. Cette maison a été un témoin actif des moments charnières de la civilisation moderne: le passage du cheval à l’automobile, d’une société de travail à une société de consommation et de loisirs. Nous vivons une époque où l’on observe des changements de comportements liés à une hyper-globalisation, une hyper-digitalisation. On assiste à de nouveaux phénomènes, comme le développement d’amitiés digitales, l’expérience d’un défilé vécu en direct sur le Web, on achète des vêtements en ligne, on organise presque sa vie sur Internet, donc c’est important de pouvoir toujours stimuler notre perception de ce qui fait de nous ce que nous sommes. Chercher une nouvelle façon d’exprimer cette sensualité fait partie de cette démarche. Je n’aime pas les équations rapides, quand on dit de moi: Elle ne révèle rien du corps, sa mode est luthérienne, calviniste, ou je ne sais quoi… C’est trop facile de tomber dans ces clichés. 

Vous parlez de Luther, de Calvin. Les fondateurs d’Hermès étaient protestants et ont transmis à cette maison certaines valeurs. Comment navigue-t-on entre une certaine retenue et un lâchage de brides nécessaire pour que la mode soit la mode?
Je n’ai pas senti cette retenue. Au contraire, je suis arrivée dans une maison extrêmement accueillante, qui m’a tout de suite donné accès à son histoire. Il y a de la rigueur chez Hermès, oui, mais aussi de l’humour. On navigue entre l’un et l’autre. Dans les peintures flamandes, vous voyez souvent des hommes travaillant ensemble et je pense que c’est ça la force d’Hermès. Au-delà de la rigueur et de la fantaisie, c’est un groupe de têtes pensantes qui agissent ensemble: vous avez une âme qui est plus sensible à la créativité, une autre plus sensible aux affaires… Et cela génère cet effet de balancier.

On vous a donné accès aux archives de la maison. Un objet vous a-t-il marquée particulièrement, qui pourrait résumer l’esprit de la marque?
Hermès est comme un kaléidoscope. A l’extérieur, c’est compact, clair, précis, vous savez où mettre l’œil, dans cette petite lentille, et quand vous regardez à l’intérieur, il y a des prismes de toutes formes et de toutes couleurs. Il est donc très difficile de réduire cette maison à un objet. Il y a une bride qui m’a inspirée pour la pré-collection automne-hiver 2016-17, une chemise en tulle de soie, des couvertures de cheval, aussi, faites dans des laines qui sont maintenant introuvables. Et dernièrement, j’ai vu une couverture de voiture très intéressante. Plus qu’un objet, c’est une collection d’objets qui me parle.

Martin Margiela a fortement marqué la maison de son passage. Vous avez travaillé avec lui. Sentez-vous une filiation créative ou vous affranchissez-vous totalement de tout ce qui a été fait auparavant chez Hermès?
Je pense qu’il y a une certaine filiation, vu que j’ai travaillé sous son égide: cela a été mon premier job juste à la sortie de mon cursus. Quand on fait ce métier, on est poreux, on absorbe de manière complètement involontaire des mots, des termes, des objets, des techniques. Martin a recentré l’identité du vêtement chez Hermès. Mais quand je suis arrivée ici, j’ai surtout observé le travail qui avait été fait avant lui. C’est une sorte de camera obscura. La jeune génération ne connaît pas cette période: elle pourrait associer Hermès à du gris, du noir et du beige. Or, quand je regardais le travail de Lola Prusac, de Catherine de Karolyi (qui a créé le prêt-à-porter Hermès en 1967, ndlr) ou de Claude Brouet, je ressentais à travers leurs vêtements qu’elles avaient eu plus d’empathie avec les humeurs d’une femme. Il y avait des silhouettes pour des femmes très affirmées, très classiques, certaines un peu plus chatoyantes, d’autres plus puristes.

Leurs collections étaient plus extravagantes?
Elles avaient un esprit plus ludique. Je me sentais plus en filiation avec leurs collections. J’ai d’ailleurs rencontré Claude Brouet. Elle était présente à mon premier défilé.

On croise tous des figures tutélaires qui ont une influence sur notre carrière et on garde d’elles parfois une phrase, un mot. Qu’avez-vous gardé du temps passé avec Martin Margiela?
Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce qu’il était et dans son rapport avec les autres dans le travail, c’est qu’il avait une grande humilité.

Quelle est la plus grande leçon de mode que vous ayez reçue un jour?
Je pense que je suis heureusement encore trop jeune pour répondre à cette question! Je la cherche encore…

Quel est selon vous le vestiaire idéal?
Hmm. Alors, mon vestiaire idéal – parce que je ne peux pas évoquer LE vestiaire en général –, ce serait un beau manteau, une bonne chemise et un pantalon. Et ces trois pièces devraient être assez transversales pour être accompagnées d’autres pièces, selon l’envie, afin de pouvoir faire face aux différentes situations du jour ou de la nuit.

Quand on met des collections bout à bout, elles racontent forcément un peu l’histoire de celui ou celle qui les a créées. Que disent vos collections de vous?
C’est difficile de répondre à cette question parce que je n’ai pas vraiment le temps de m’asseoir, de métaboliser et de réfléchir sur ce qu’elles pourraient dire de moi. Je pense qu’elles parlent d’une forme d’émancipation de la femme… Enfin, c’est bizarre de dire ça en 2016, mais c’est encore d’actualité malheureusement. Je dirais l’émancipation psychique d’une femme qui peut se réaliser, indépendamment du domaine qu’elle choisit. Qu’elle veuille être une guerrière, une super power woman, ou une super maman, l’important c’est qu’elle l’ait choisi.

Quand vous étiez jeune, vous vous habilliez beaucoup en vintage. Toujours?
Oui, toujours… Mais pas aujourd’hui, j’ai fait l’effort de venir habiller en Hermès (dit-elle avec humour).

Que recherchez-vous dans ces vêtements venus d’une autre époque?
Dès que je découvre un nouveau magasin vintage, que je rencontre le curateur d’une collection, c’est comme si je faisais un voyage dans le temps, une exploration anthropologique. Parfois cela me conduit à vivre une forme de rencontre avec un couturier: on croit qu’on le connaît, on a vu ses vêtements dans les livres, et soudain, on le voit en vrai. Aux Etats-Unis, on tombe parfois sur des collections extraordinaires: des femmes qui ont possédé par exemple toute la garde-robe de Yves Saint Laurent de telle date à telle date. Vous découvrez ainsi le créateur à travers les yeux d’une femme. J’adore ça. Le vintage, c’est tout cela: des histoires personnelles, des vêtements qui expriment des changements d’époques, de comportements, de nouveaux usages. Pour moi, c’est une vraie mine d’or! Mais je peux être aussi bien attirée par un costume historique que par un pantalon de mécano ou une superbe robe de Pierre Cardin. J’aime le vêtement, en fait. Donc pouvoir voir ces myriades de vêtements, c’est une des parties de mon travail que je préfère.

Est-ce qu’au cours de vos pérégrinations, vous avez découvert un couturier que vous ne connaissiez pas du tout?
Bien sûr. Ralph Rucci, par exemple. Ou encore des maisons de couture qui n’existent plus: c’est une sorte d’Atlantide de la mode, les magasins de seconde main.

Pendant les défilés de mars 2016, on a beaucoup parlé du phénomène see now buy now (voir maintenant, acheter maintenant), certaines maisons ayant choisi de vendre leur collection juste après le défilé. Monsieur Alaïa s’en amuse et se poste aux antipodes en choisissant le see later, buy later (montrer après, acheter plus tard). Et vous, où souhaitez-vous positionner Hermès?
La maison a toujours eu son propre rythme. Je pense que la façon dont on travaille maintenant est saine: nous avons de fortes pré-collections et deux défilés qui servent à synthétiser le message d’un moment, mais cela ne veut pas dire qu’il s’agit d’un message éphémère. Un défilé, c’est une déclaration, c’est plus pointu, alors qu’une pré-collection, c’est une sorte d’abécédaire du vêtement qui vous permet de créer un langage qui est le vôtre. Donc pour répondre à cette question – see now, buy now, or later, whatever – je pars du principe qu’il faut respecter un temps de travail et aussi un temps pour que nous, consommateurs et observateurs, puissions absorber tout ce que l’on voit afin de faire un choix plus tard.

Il y a de cela des années, Jean-Louis Dumas Hermès m’avait dit: Le luxe c’est ce qui se répare. La mode peut-elle être pérenne sans trahir sa nature propre qui est d’être en perpétuel mouvement?
Oui, la mode est sujette à évolution. Quand vous observez un objet Hermès, bien qu’il garde sa même forme et qu’il se transmette de génération en génération, il va prendre une certaine patine, il va s’imprimer de vous. Donc il évolue, il change. Cette notion de pérennité appliquée à la mode, c’est savoir que l’on peut compter sur un vêtement: quand vous décidez de l’acquérir, de le porter, vous savez qu’il va être avec vous longtemps, qu’il va vous accompagner.

Quel objet Hermès a marqué vos souvenirs d’enfance, s’il y en a un?
Le carré. Celui des femmes de ma famille: chacune avait sa couleur, son sujet de prédilection. J’étais obnubilée par ce drôle d’objet, très précieux à l’œil, très bizarre au toucher – parce que pour un enfant, le twill de soie c’est étrange –, cette complexité des signes, ces histoires qui s’entrelaçaient sur un format. C’était comme si l’on pouvait pénétrer dans un livre de contes. J’ai toujours aimé ce côté merveilleux du carré: vous le déployez comme un livre et vous entrez dans une histoire. Vous vous l’appropriez selon la façon dont vous le nouez, dont vous le pliez. Je le voyais porté autour du cou, à la ceinture, dans les cheveux. Voir qu’un objet aussi facile, aussi simple, pouvait se métamorphoser ainsi, cela m’a toujours plu.

Et vous, comment l’utilisez-vous?
Le carré? J’utilise le petit, le Gavroche que je porte en choker.

Vous l’utilisez aussi dans vos collections. Vers quels motifs êtes-vous le plus attirée quand vous créez?
J’adore transformer le carré en vêtement. C’est un jeu qui existait déjà dans les années 60, mais il me semblait important de pousser l’exercice sur différents formats, jouer sur les échelles du dessin: tout d’un coup, le même motif s’agrandit ou se rétrécit, les couleurs se révèlent, dévoilent autre chose. J’aime bien sûr le sujet équestre: c’est très puissant, très magnétique, tous ces dessins autour de l’acharnement.

Vous voulez dire le harnachement?
Oui, le harnachement, merci. Je suis acharnée du harnachement! J’aime aussi travailler avec les sujets un peu plus abstraits, plus graphiques. De temps en temps, j’utilise quelques motifs figuratifs comme Jungle Love, les dessins animaliers de Robert Dallet. Le carré, c’est une bibliothèque où vous pouvez aller puiser tant d’histoires!

Quelle est à vos yeux l’expression la plus pure de la modernité?
Naoshima. J’aime la façon dont l’île a été transformée en centre d’art et cette fusion avec l’œuvre de Tadao Ando. La façon dont il a compris l’héritage japonais, qu’il a encensé et transformé.

S’il ne devait rester qu’un vêtement essentiel, ce serait?
La chemise! Autrefois, elle jouait le rôle d’interstice: on la portait entre sa peau et le tailleur qui, à l’époque, était rigide et difficile. Elle vous protégeait. Avec la chemise, on a commencé à créer des têtes de manches, des cols, des pattes de resserrage. C’est par elle que tout a commencé.

NB: Une version de cette interview est parue dans le Hors-Série Mode du Temps le 17 septembre 2016

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