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Nodaleto, le soulier radical

5 mars 2019

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Fashion Week Paris, automne-hiver 2019-20. Une nouvelle marque de souliers est née: Nodaleto, l’anagramme de Julia Toledano, ex-juriste, ex-journaliste, ex-styliste. Des chaussures pour une femme qui a envie d’être stylée et porter des talons du matin au soir sans avoir mal aux pieds. Ses talons sont comme des sculptures, ses formes hyper architecturée. Rencontre. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Elle aurait pu choisir d’appeler sa marque Toledano, parce que c’est son nom, mais elle a préféré un anagramme: Nodaleto. Julia Toledano a fait des études de droit, parce qu’une personne lui a dit un jour que cela menait à tout. Cela l’a menée à faire un master en journalisme, section mode, à travailler comme styliste photo pour le magazine ELLE, et avec Carine Roitfeld pour son magazine CR.

La mode, c’est une histoire de famille: son père, Sidney Toledano, est le Président-directeur général de LVMH Fashion Group. Une lignée qui peut aider quand on veut se lancer dans cet univers. Cela aide en tout cas pour apprendre à raconter des histoires, à connaître les matières et à se forger un goût. Et celui de Julia Toledano a quelque chose de radical, comme le sont ses souliers.

Elle fait référence au Palais Bulle d’Antti Lovag « parce que cette architecture avait des formes très féminines et qu’à l’intérieur, le design était extraordinaire. Et c’est ce que je voulais faire avec mes chaussures: des architectures tout en gardant un côté hyper féminin. »

Le jour de notre rencontre elle portait une paire de Mary Jane au bout carré, mais adouci. Les talons massifs sont construits comme une sculpture dont la base est aussi un carré. « Mon inspiration, c’étaient les chaussures de Barbie », dit-elle. Même si le lien est tout sauf évident entre les stilettos de la poupée sans âge et ses propres souliers. « L’idée était d’avoir un talon signature. Je l’ai dessiné comme je l’avais dans la tête. Le moule du talon est travaillé dans un bloc de bois: j’ai passé des journées entières à Venise dans l’usine de talons », explique Julia Toledano.

Elle a dessiné les formes, choisi les matières. « J’avais cette idée en tête depuis longtemps: créer ma marque, c’est un rêve de petite fille. Je disais toujours à ma mère: «I don’t do drug, I do shoes » (je ne me drogue pas, mais je suis accro aux chaussures). Je cherchais la paire parfaite à porter du matin au soir, confortable, stylée. Je n’ai pas trouvé cela dans le commerce et j’ai décidé de me lancer. J’ai fait une formation au London College of Fashion et j’ai fait le tour de l’Italie pour trouver les ateliers. »

Ses bottes ont à la fois un côté vintage années 1970 mais elles sont aussi radicales, à la façon des années 1990. « Je suis née dans les années 90, dit-elle c’est normal que cela m’inspire. Je sais que le marché du soulier est assez saturé. Mais il s’agit généralement de designers hommes qui créent pour les femmes. Et dans mon cas, c’est une marque créée par une femme pour les femmes. Une femme qui comprend les problématiques de la fille dynamique qui a envie d’être stylée, mais pas d’avoir mal, et qui porte une forme de chaussures qui suive la forme du pied. »

Quant au nom de la marque? « C’était important pour moi de créer une marque avec mon nom, qui évoque mes origines, l’exode de ma famille de l’Espagne vers le Maroc, mon enfance à Paris. Mais je ne l’ai pas appelée Toledano car j’ai ma propre histoire à raconter. Ce que mon père m’a transmis, c’est l’amour du produit. Depuis que je suis petite, il m’explique les cuirs, la qualité, l’importance du luxe aussi. J’ai créé une happy brand et des dancing shoes et j’ai encore beaucoup de choses à raconter… »