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Secrets parfumés londoniens…

22 mai 2018

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Dans les quartiers historiques de Londres, sous l’un des plus anciens passages couverts, The Royal Arcade, on découvre une boutique cachée au numéro 12. Il s’agit d’Ormonde Jayne, parfumeur indépendant où l’on peut faire personnaliser sa fragrance favorite. – Jo Phillips, Londres.

Londres: ville aussi riche qu’un choux à la crème, formée d’une multitude de couches délicieuses, autant de strates d’histoire. Et au coeur de tout cela, quelques pépites à découvrir.

Quand on se promène dans les ruelles pavées de Borough, dans le sud-est de la capitale, on effectue une plongée dans l’histoire: il s’agit de l’un des plus anciens quartiers de Londres dont les origines remontent à L’époque romaine. On a le sentiment de sauter à pieds joints dans un ouvrage de Charles Dickens. Les noms des rues semblent sortir tout droit de ses ouvrages. Prenons la prison Marshalsea, par exemple, ce lieu où l’on enfermait les débiteurs dans son roman Little Dorrit: la prison n’existe plus, bien sûr, mais une rue en porte toujours le nom: Marshalsea street SE1.

Londres déborde de petites allées, de rues pavées et d’arcades qui n’attendent que d’être découvertes. Outre le fait d’avoir le sentiment d’y effectuer une balade dans le temps, ce sont dans ces lieux que l’on risque de faire les plus belles découvertes, les cafés plein de charme, et les boutiques un peu secrètes.

Si l’on s’aventure sous la Royal Arcade au centre de Londres, couverte par un toit vitré, avec des arches richement décorées et des boutiques aux fenêtres arrondies qui se cache entre Abermarle street et Bond Street, on se retrouve dans le haut lieu de l’élégance. L’arcade, qui date 1879, a très peu changé au fil du temps, ce qui en fait l’un des rares vestiges victorien. La visite de la Royal Arcade vaut le détour, à la fois pour son architecture et pour les boutiques uniques qu’elle abrite.

Autrefois, elle s’appelait simplement l’Arcade, mais lorsque le résident du numéro 12, le fabriquant de chemises H.W. Brettell, a reçu le Royal Warrant de la part de la Reine Victoria, elle est devenue The Royal Arcade. Encore à ce jour, certaines boutiques sont toujours sous patronage royal. Mais retournons au numéro 12.

La porte s’ouvre désormais sur la parfumerie Ormonde Jayne, un petit bijou. La boutique a été entièrement redécorée dans des tons de chocolat chaud, de crème fraîche et de mandarine. Elle possède un espace cocooning, un bar à parfums hexagonal où l’on peut s’immerger dans les 17 fragrances de la marque, ainsi qu’une bibliothèque. Cette marque de parfums de niche a été fondée par Linda Pilkington et elle fait partie de la première génération de marques de parfums indépendantes. Elle est toujours dirigée par la fondatrice, une parfumeuse fort peu traditionnelle, dotée d’une immense culture du parfum et d’un nez magnifique.

Tandis que nous discutons de cette matière première que l’on appelle l’hédione, l’une des molécules les plus utilisées de la parfumerie qui sert à la fois de fixateur et de « boosteur », Linda Pilkington, explique que lorsque le maître parfumeur Edmond Roundnitska était en train de créer l’un des parfums les plus connus de la parfumerie pour hommes, Eau Sauvage en 1966, il s’est trompé dans la formule, mettant bien trop d’hédione dans sa composition. Et c’est grâce à ce bel accident qu’il a créé l’un des parfums pour hommes les plus sexy qui soit. Et a involontairement permis à l’hédione d’atteindre des sommets. Ce n’est pas un ingrédient dont on entend beaucoup parler lorsque les maisons de parfums décrivent les différentes notes d’une fragrance, mais c’est l’un des plus utilisés dans toute la parfumerie moderne.

Tandis que l’on visite la boutique, que l’on apprend quelques anecdotes sur certains grands parfums, que l’on découvre quelques senteur magnifiques, on apprend qu’il est possible d’y vivre une expérience bien plus personnelle. La marque vient de lancer un service « sur mesure » qui permet au client d’obtenir l’une de ses fragrances préférée dans l’intensité voulue (cela peu aller jusqu’à l’extrait, qui contient de 20 à 40% de composés aromatiques). Le bouchon du flacon sere ensuite gravé avec les initiales désirées, afin que l’on puisse quitter les lieux avec un parfum personnalisé.

Par ailleurs, avant de partir, il serait dommage de ne pas se pencher sur la dernière fragrance de la maison qui arrive ce mois-ci en boutique: True Love. Un partum de conquête. Tout comme la lumière vient à bout de l’ombre, l’amour vrai est l’émotion ultime. Il est fait de contentement, de compréhension, de pardon aussi, parce que personne n’est parfait. Le nom de ce parfum invite à la reflexion: qu’est-ce que l’amour signifie? Il s’agit de faire appel à son intuition pour répondre à cette question…

Olfactivement parlant, cet amour vrai est fait de bergamote, de mandarine, d’estragon, de poivrier sauvage, de freesia pour les notes de tête, de rose, d’hédione, d’iris, de jasmin, d’ylang ylang et de miel pour les notes de coeur. Et en note de fond il contient du cashmeran, du bois de santal, du benjoin, du musc et du castoreum. Ormonde Jayne fabrique tous ses produits dans ses propres laboratoires londoniens.

La prochaine fois que vous serez en quête d’un peu de culture, d’histoire, de romantisme et de préciosité, promenez-vous dans les petites allées de Londres, et peut-être que vos pas vous mèneront sous la Royal arcade jusqu’au numéro 12…

The Royal Arcade, 28 Old Bond Street, Londres. ormondejayne.com