Sous les jupes de Paris

 In ART, BEAUTÉ, PHOTOGRAPHIE, VOYAGE
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Maxime Hibon est un “photodidacte” amoureux de sa ville: Paris. Il la photographie à l’endroit, à l’envers, par petits bouts, lorsqu’elle se réfléchit dans une flaque d’eau telle un Narcisse immobile. A quelques jours de la fashion week, où des visiteurs vont déferler du monde entier sans même lever les yeux sur les beautés de la ville, il dévoile son Paris indiscret. – Isabelle Cerboneschi. Photos: Maxime Hibon.

 

Avant de faire de la photographie, Maxime Hibon était publicitaire. Il a frotté ses mots et ses formules à ceux de Jacques Séguéla. Il y a pire comme mentor. Avec son équipe, chez Havas, il a mené des campagnes mondiales de communication, mais déjà l’image l’intéressait presque plus que les mots.

Son regard, il l’a formé en côtoyant, en observant les autres faire – Patrick Demarchelier, Patrick Tourneboeuf ou Gueorgui Pinkhassov de l’agence Magnum, avec qui il a suivi de stages. Il a appris en faisant, surtout. En travaillant ses lumières, ses effets, ses portraits. Une chose après l’autre. « J’avais fait de la photo quand j’étais jeune mais j’avais oublié. C’est étrangement Kanye West qui m’a redonné le goût à l’image. Il fut mon client pendant quelques années et comme bon touriste qui se respecte il me demandait de le photographier devant la Tour Eiffel, devant l’Arc de Triomphe, etc. Il m’a donné des conseils sur la lumière et j’ai appris comme un fou. »

Maxime Hibon s’est offert un Leica « pour me forcer à m apprendre à la fois la technique et le respect. Le respect de ceux qui ont changé notre regard sur le monde grâce à cet art si malléable qu’est la photo. On y travaille le flou, la vitesse, la lumière…» Et depuis 7 ans, il ne sort pas un jour sans son appareil photo, compagnon de ses errances diurnes et nocturnes.

Le photodidacte, comme il aime à s’appeler, est tombé amoureux de sa ville quand il a su la regarder. Il l’observe sous tous les angles, comme un homme amoureux, surtout par en dessous. Il la regarde indirectement: il prend ce qu’elle veut bien refléter d’elle dans les flaques d’eau, dans les miroirs, dans toutes les surfaces qui réfléchissent son image. Son travail dans les eaux parfois troubles de Paris dévoile une autre ville, comme si l’on en découvrait de nouvelles formes, de nouveaux visages et d’autres horizons.

« Ce sont différents points de vue qui se révèlent, dit-il. De nombreuses personnes, après avoir vu mes photos, me disent: “je ne regarderai plus jamais les flaques d’eau comme avant”. Et puis ils oublient… Mais si j’ai réussi à faire en sorte qu’ils regardent Paris autrement, c’est déjà beaucoup. Je suis convaincu qu’une photo peut changer les choses. »

« Gueorgui Pinkhassov, de l’agence Magnum m’a appris quelque chose de très important. Il m’a dit: “Henry Cartier-Bresson attendait que le bon moment, la bonne lumière, la bonne personne, la bonne situation passe dans son objectif”.» Alors Maxime Hibon a fait l’apprentissage de la patience, il a appris à attendre la bonne lumière, le bon angle de la jambe de la passante qui se reflète dans une flaque au Jardin des Tuileries. Il a accepté de capter avec son appareil ce que la ville, la vie, voulait bien lui donner.

Sa première exposition, il l’avait faite à Nyon. La seconde, à Paris, à l’Hôtel Lutetia. Depuis bientôt six ans Maxime Hibon montre son travail dans des foires, les musées et des galeries en Europe et aux Etats-Unis –   l’AAF de Bruxelles ou le Musée d’Art Contemporain de Dallas – aux cotés de certains des plus grands artistes de l’art contemporain. 

Il vient de participer à la réalisation d’un livre pour la Gendarmerie Nationale. On lui avait demandé d’apporter regard extérieur sur l’institution. C’est ce qu’il a fait. L’ouvrage a déjà été édité à plus de 26’000 exemplaires. Une aventure qui va se prolonger à leurs côtés. Sans doute que son regard leur renvoie une autre image, un autre reflet d’eux-mêmes et de leur fonction.

A photograph is never the reality. It is an instant, a portion of time, an extract of situation, reduced to a given width and height. An image of Maxime Hibon is both more, and less than reality: it reflects it while forcing the viewer to reconstruct part of the real. Or not at all. An invitation to be carried away by what we see. Because we feel good in this universe that we do not recognize. We feel good under the skirts of Paris …

Some of Maxime Hibon’s photographs are currently on display in the Gab & Jo store, 28 rue Jacob, Paris 

Draws can also be purchased at La Galerie Deux 6, 66 Bourdonnais Avenue, and the Stubbs Gallerie in Dallas: https://www.stubbsgallery.com

Instagram account: loeildeparis

 

 

 

 

 

 

 

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