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Taleedah Tamer, beauté d’ailleurs

7 septembre 2018

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Elle est le premier mannequin venu d’Arabie Saoudite à avoir défilé à Paris pendant la semaine de la haute couture. La jeune femme de 17 ans a ouvert le défilé d’Antonio Grimaldi en juillet dernier.  Rencontre. – Isabelle Cerboneschi, Paris.

Elle a fait la couverture du Harper’s Bazaar Arabia de juillet et quelques jours plus tard, elle ouvrait le défilé d’Antonio Grimaldi. Ce n’est pas anodin d’ouvrir et de fermer un défilé. Encore moins lorsque l’on est le premier mannequin d’Arabie Saoudite à arpenter les podiums parisiens.

Taleeda Tamer a reçu la beauté en héritage: sa mère, Cristina Tamer, est une ex-mannequin qui a défilé pour Giorgio Armani et Gianfranco Ferré, entre autres. Son père Ayman Tamer, est le propriétaire du groupe Tamer spécialisé dans la santé et la beauté. La jeune mannequin de 17 ans possède une beauté à la fois universelle et intemporelle. Elle pourrait être de toutes les époques. Difficile de définir ce qui fait son unicité. « Je viens d’Arabie Saoudite, c’est mon identité, mon héritage », dit la jeune femme fraîchement diplômée de la British International School of Jeddah.

I.C: Vous avez défilé pour la première fois à Paris en juillet. Comment toute cette histoire a-t-elle commencé?
Taleedah Tamer: J’ai toujours voulu devenir un mannequin. Le Harper’s Bazaar Arabia m’a découverte et m’a contactée par le biais des médias sociaux. Ils m’ont offert le voyage jusqu’à Dubaï où j’ai fait ma première série de photos pour eux. Ils m’ont choisie pour faire la couverture du numéro et c’est ainsi que tout a commencé.

Etiez-vous très active sur les médias sociaux?
Pas vraiment. J’ai eu beaucoup de chance.

Est-ce difficile de faire du mannequinat dans un pays comme l’Arabie Saoudite?
Non, j’ai reçu de très bons commentaires. Je ne pense pas que tout le monde va nécessairement être d’accord avec mon choix, mais c’est normal: vous ne pouvez pas attendre que le monde entier approuve ce que vous faites.

Pensez-vous que vous pourriez devenir un modèle pour certaines Saoudiennes?
Je suis trop jeune pour me considérer comme un modèle, j’ai 17 ans. Mais si je réussis à donner envie à certaines filles de faire ce métier, de faire ce qu’elles aiment, ce dont elles ont vraiment envie, alors qu’elles pensent que ce n’est pas possible, ce sera l’un des plus points les plus importants de ma carrière! J’ai reçu de nombreux messages de personnes me disant qu’elles ont toujours rêvé de ce métier, mais étant Saoudiennes, elles pensaient que cela était impossible. Je leur ai dit de se lancer, de foncer. Pouvoir les encourager, c’est très important pour moi.

Avez-vous rencontré des obstacles?
Bien sûr! Comme tout le monde. Mais tant que je reste respectueuse envers les autres et fidèle à moi même, tout ira bien.

J’ai rencontré votre père juste après le défilé: il était tellement fier! Le support de votre famille a-t-il joué un rôle dans votre choix?
Ma famille m’a toujours encouragée à faire ce que j’aimais. Et sans elle, je n’aurais pas pu aller jusque-là. Sans leur support à tous, cela n’aurait pas de sens.

Votre mère était mannequin. Que vous a-t-elle appris?
Ma mère m’a appris comment marcher, comment bouger mon corps, mon visage, jouer avec la lumière. Mais elle m’a surtout appris à rester professionnelle et aimable avec tout le monde dans ce métier, toujours.

Vous avez ouvert le défilé d’Antonio Grimaldi. Qu’est-ce que cela représente pour vous de défiler à Paris, pendant la semaine de la haute couture?
C’est extraordinaire! Je suis si heureuse d’être là! Paris est magique! Le défilé était magnifique! Je me suis sentie très forte dans les tenues d’Antonio. Il aime les femmes et a ce don de renforcer leur pouvoir, grâce à ses vêtements. Il a montré une grande diversité de femmes dans son défilé. C’était une vision magnifique.

Vous parlez de cette diversité, or jamais autant que cette saison n’a-t-on vu de mannequin d’origines différentes arpenter les podiums. Est-ce que cela vous étonne?
Je pense qu’avec les médias sociaux, le monde est devenu un petit monde. Chacun se familiarise avec les différents types de beauté et les apprécie. C’est un peu le message qu’Antonio voulait passer aussi. Il y a tant de beautés de par le monde!