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Victoria/Tomas, ou sous le soleil exactement

Victoria Feldman et Tomas Berzins, créateurs de Victoria/Tomas dont le printemps-été a défilé lors de la fashion week à Paris en septembre dernier, se sont rencontrés sur les bancs de l’école (de mode) et, à l’exception de quelques incursions dans d’autres maisons, ne sont plus quittés. – Lily Templeton, Paris. Photos: Michèle Bloch-Stuckens.

15 février 2019

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“Qu’est ce qu’il fait chaud… Il fait chaud, trop chaud pour moi. Paris tropi-tropi-tropico, Paris trop chaud aura ma peau.” – Minuit

Il faisait frais en cet après-midi ensoleillée de septembre 2018 dans la cour de la faculté de médecine où le groupe Minuit répétait à quelques minutes du défilé Victoria/Tomas printemps-été 2019, tandis que Victoria Feldman et Tomas Berzins jetaient un dernier coup d’œil à leur cabine.

Depuis qu’ils ont lancé leur griffe en 2012, les deux créateurs n’ont jamais eu de cesse de proposer des collections qui tombent juste, adhérant aux codes du moment sans jamais céder à la facilité. Pour Victoria/Tomas, ils ont « mélangé et puis mélangé encore » leurs esthétiques, leurs influences, comme le dit Tomas Berzins, 27 ans. « Ce qui est sur le podium est notre vision pour une femme moderne, libre » et pour laquelle ils ont voulu « prendre des classiques et les reconstruire, sans les sur-travailler. » Si une certaine esthétique fin-20ème siècle se ressent, c’est parce que « les enfants des années 90, c’est nous, » lance Victoria Feldman, 28 ans.

Dans ce vestiaire brûlant de promesses, les silhouettes semblaient couler le long du corps, comme fondues sous l’impitoyable soleil de l’été studieux passé à préparer cette collection. On retiendra donc la

néo-saharienne à manches graduées, les chemises rayées impeccablement taillées et frangées de cordons, les dessous sportifs dessinés en collaboration avec la marque Chantelle, ces longueurs asymétriques qui caressent la jambe sans l’entraver, un poème contemporain qui n’oublie jamais qu’un vêtement est avant tout fait pour être porté avec bonheur et une bonne dose de nonchalance. Des cristaux couraient des oreilles à la taille comme autant de gouttes perlant à même une peau surchauffée qui s’apercevait sous le tulle frémissant comme un mirage thermique.

« Il y avait la canicule et nous, on était à Paris. On avait très, très chaud et on aurait aimé juste partir. Donc la collection est inspirée de Paris [à] 17 heures. On est assis sur la terrasse, on boit un verre de rosé bien frais et on rêve de vacances. C’est un grand mix de quelque chose de très urbain, très parisien et de quelque chose de plus dingue, plus vacances, plus tropical, » se souvient-t-elle. Alerte à la canicule.

Victoria/Tomas, ou sous le soleil exactement

15 février 2019

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Victoria Feldman et Tomas Berzins, créateurs de Victoria/Tomas dont le printemps-été a défilé lors de la fashion week à Paris en septembre dernier, se sont rencontrés sur les bancs de l’école (de mode) et, à l’exception de quelques incursions dans d’autres maisons, ne sont plus quittés. – Lily Templeton, Paris. Photos: Michèle Bloch-Stuckens.

“Qu’est ce qu’il fait chaud… Il fait chaud, trop chaud pour moi. Paris tropi-tropi-tropico, Paris trop chaud aura ma peau.” – Minuit

Il faisait frais en cet après-midi ensoleillée de septembre 2018 dans la cour de la faculté de médecine où le groupe Minuit répétait à quelques minutes du défilé Victoria/Tomas printemps-été 2019, tandis que Victoria Feldman et Tomas Berzins jetaient un dernier coup d’œil à leur cabine.

Depuis qu’ils ont lancé leur griffe en 2012, les deux créateurs n’ont jamais eu de cesse de proposer des collections qui tombent juste, adhérant aux codes du moment sans jamais céder à la facilité. Pour Victoria/Tomas, ils ont « mélangé et puis mélangé encore » leurs esthétiques, leurs influences, comme le dit Tomas Berzins, 27 ans. « Ce qui est sur le podium est notre vision pour une femme moderne, libre » et pour laquelle ils ont voulu « prendre des classiques et les reconstruire, sans les sur-travailler. » Si une certaine esthétique fin-20ème siècle se ressent, c’est parce que « les enfants des années 90, c’est nous, » lance Victoria Feldman, 28 ans.

Dans ce vestiaire brûlant de promesses, les silhouettes semblaient couler le long du corps, comme fondues sous l’impitoyable soleil de l’été studieux passé à préparer cette collection. On retiendra donc la néo-saharienne à manches graduées, les chemises rayées impeccablement taillées et frangées de cordons, les dessous sportifs dessinés en collaboration avec la marque Chantelle, ces longueurs asymétriques qui caressent la jambe sans l’entraver, un poème contemporain qui n’oublie jamais qu’un vêtement est avant tout fait pour être porté avec bonheur et une bonne dose de nonchalance. Des cristaux couraient des oreilles à la taille comme autant de gouttes perlant à même une peau surchauffée qui s’apercevait sous le tulle frémissant comme un mirage thermique.

« Il y avait la canicule et nous, on était à Paris. On avait très, très chaud et on aurait aimé juste partir. Donc la collection est inspirée de Paris [à] 17 heures. On est assis sur la terrasse, on boit un verre de rosé bien frais et on rêve de vacances. C’est un grand mix de quelque chose de très urbain, très parisien et de quelque chose de plus dingue, plus vacances, plus tropical, » se souvient-t-elle. Alerte à la canicule.